A Lille, coup de filet policier contre 42 grévistes de la faim
Publié le 22 Août 2007
Par Stéphanie Maurice
QUOTIDIEN : mercredi 22 août 2007
Hier matin, 42 des sans-papiers en grève de la faim ont été interpellés devant les hôpitaux de la métropole lilloise. D’après le témoignage d’un soutien, les grévistes n’ont
pas opposé de résistance. Les policiers et les CRS ont dû soutenir les hommes, affaiblis, pour les embarquer. Au centre de rétention de Lesquin, la Cimade, seule association à avoir des bureaux
sur place, signalait qu’aucun d’entre eux n’y était encore arrivé. Les sans-papiers étaient encore, hier soir, en garde à vue dans les locaux de la PAF (Police aux frontières).
La Ligue des droits de l’homme (LDH) craint des reconduites massives. «La plupart des sans-papiers arrêtés étaient sous le coup d’une OQT, une obligation à quitter le
territoire, délivrée après une demande de régularisation qui a échoué. Avec l’OQT, si votre appel auprès du tribunal administratif a été rejeté, vous pouvez être interpellé n’importe où et
expulsé directement», explique Annick Battallan, de la LDH. Encore faut-il que l’administration ait les laisser-passer signés des consulats et des places dans les avions.
L’inquiétude de la Cimade porte surtout sur l’état des grévistes en garde à vue car «une privation d’eau de vingt-quatre heures peut avoir des conséquences
terribles», dit-elle. Ce sont les campements de fortune qui ont été vidés de leurs occupants, à cause, selon la préfecture, de «la dégradation des conditions d’hygiène et
sanitaires». La vingtaine de sans-papiers hospitalisés ont été épargnés.
L’opération intervient après l’échec du dispositif de sortie de crise mis en place par la préfecture. Celle-ci proposait la remise d’un « document provisoire de
séjour», le temps du réexamen des dossiers, après arrêt du jeûne. Insuffisant pour des grévistes qui demandent leur régularisation. Ce titre devait être délivré lundi . Personne ne s’est
présenté. «Ce qui s’est passé ce matin est une réponse de la préfecture», affirment les soutiens des sans-papiers. Annick Battallan y voit une conséquence des réunions de rentrée de
Nicolas Sarkozy, hier. L’une d’elles portait sur l’immigration. «La décision a été prise à Paris», estime-t-elle.
source : http://www.liberation.fr/actualite/societe/273512.FR.php
© Libération