Infirmières bulgares : la Cour suprême libyenne va se prononcer

Publié le 20 Juin 2007



 
 

Les infirmières Kristiana Valtcheva, Nassia Nenova, Valia Tcherveniachka, Valentina Siropoulo et Snejana Dimitrova ainsi que le médecin palestinien Ashraf Ahmad Jouma, sont accusés d’avoir délibérément inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi (1.000 km à l’est de Tripoli), dont 56 sont décédés.

La Cour suprême libyenne examine à partir de mercredi l’appel des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort dans une affaire de contamination d’enfants par le sida datant de 1999, mais le sort des six détenus reste tributaire des tractations euro-libyennes.

Selon des sources libyennes proches du dossier, la Cour devrait confirmer de nouveau la peine capitale prononcée en première instance en 2004 puis confirmée fin 2006 contre les six détenus, incarcérés depuis plus de huit ans.

"Immédiatement après le verdict (de la Cour suprême), nous commencerons à travailler sur un paquet (de mesures, ndlr) en vue d’une solution" permettant aux infirmières d’échapper à la peine de mort, prévoit Seif Al-Islam Kadhafi, président de la Fondation Kadhafi pour le développement très impliquée dans les négociations.

"Le premier pas est un compromis avec les familles afin qu’il puisse y avoir un pardon et que la peine de mort ne soit pas exécutée", a ajouté Seif Al-Islam, expliquant qu’en cas d’accord, le "Conseil supérieur des instances judiciaires", la plus haute instance judiciaire en Libye, pourrait commuer la peine de mort en peine de prison.

Ces peines pourraient ensuite être accomplies dans le pays d’origine des condamnés, la Libye et la Bulgarie étant liées par un accord d’extradition, souligne un avocat libyen sous couvert de l’anonymat.

Tripoli qui reconnaît l’existence de négociations pour un règlement de cette affaire, précise toutefois qu’un accord ne pouvait intervenir avant que la justice libyenne ne rende son "verdict final".

"Il est peu probable que la Cour suprême tienne plus de trois audiences avant de prononcer son verdict", selon l’avocat libyen des infirmières, Othmane al-Bizanti qui compte demander l’ajournement du procès lors de la séance de mercredi.

Les condamnés, qui plaident leur innocence, attendent ce procès depuis début mai. La date de l’appel n’a été fixée qu’après la visite en Libye, les 10 et 11 juin, de deux hauts diplomates européens.

La commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner qui était accompagnée du chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, avait alors déclaré qu’elle voyait une chance de solution du problème des infirmières et du médecin palestinien.

De sources libyennes, on souligne à Tripoli que l’affaire connaîtra son épilogue cette semaine.

Selon Tripoli, un accord doit passer "impérativement" par un compromis avec les familles des enfants, qui réclament des indemnisations financières.

L’Union européenne qui a maintes fois exprimé son opposition à toute forme de marchandage, a cependant accordé son appui à un Fonds spécial d’aide aux victimes créé en 2005 qui servirait entre autres à la modernisation du Centre d’immunologie de Benghazi et au traitement gratuit des enfants contaminés.

Selon le porte-parole des familles, Idriss Lagha, "les négociations sont encore en cours" mais un accord se heurte à l’absence d’une offre européenne sur le montant des indemnisations.

L’enjeu des négociations ne se limite pas à des exigences financières. L’UE souhaite obtenir de la Libye une meilleure coopération pour lutter contre l’immigration clandestine, tandis que Tripoli demande d’être associée au partenariat euro-méditerranéen où elle n’a qu’un statut d’observateur.

Par Imed LAMLOUM

TRIPOLI (AFP)

Rédigé par kak94

Publié dans #justice

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