La Chine face à l'immigration !

Publié le 19 Février 2007

 

Le documentaire mettra l'accent sur les dures conditions de travail et de logement des illégaux en France.

clandestins chinois

DES CHINOIS qui pour se nourrir ramassent des légumes oubliés par les primeurs à la fin du marché de Belleville à Paris... L'image choc devrait faire partie d'un film d'une quarantaine de minutes qui pourrait être diffusé à partir du mois d'avril par plusieurs chaînes provinciales chinoises pour décourager l'émigration clandestine vers la France.

Ce documentaire a été réalisé par le Bureau international du travail (BIT) de Genève dans le cadre d'une campagne de lutte contre le travail forcé, financée par les Nations unies et l'Union européenne. Pékin s'est montré intéressé par le projet du BIT et serait favorable à la campagne d'information. L'objectif est d'alerter les Chinois sur le miroir aux alouettes que leur présentent les réseaux mafieux et autres filières d'immigration clandestine.

Pour 15 000 à 20 000 euros, de vraies fausses agences de voyages organisent des départs pour la France, incluant faux papiers, transit par l'Afrique ou encore inscriptions dans une université. À l'arrivée, les « touristes » se retrouvent dans les ateliers clandestins de textile ou de plats cuisinés du centre de Paris ou de la région parisienne, logés par leur employeur. Et travaillent, réduits à l'esclavage généralement pendant quatre ou cinq ans, avant de pouvoir recouvrer leur liberté.

En août 2006, au moment de l'opération de régularisation des familles de sans-papiers avec des enfants scolarisés en France, à Paris, plus du tiers des étrangers qui ont reçu un titre de séjour étaient de nationalité chinoise. Entre le 14 juin et le 15 août, ils sont près de 3 600 à s'être précipités aux guichets des préfectures d'Ile-de-France à la grande surprise des Parisiens et même des pouvoirs publics.

Un sujet sensible

Avec une estimation de quelque 50 000 irréguliers chinois sur son territoire, la France serait l'une des premières destinations européennes pour les filières. « C'est pour cette raison que nous avons choisi de commencer la sensibilisation par la question des Chinois en France », explique Roger Plant, chef du programme d'action spéciale contre le travail forcé au BIT. « Ensuite, nous organiserons des opérations du même type en Grande-Bretagne ou encore en Italie », poursuit-il.

Hier à Genève, au siège du BIT, on restait prudent et discret sur le programme arguant qu'il n'est pas finalisé, que les discussions avec les autorités chinoises sont encore en cours et qu'il s'agit uniquement d'immigration clandestine.

Le sujet est en effet sensible. Les Chinois qui visitent la France ne sont pas tous des clandestins. En 2006, un million ont séjourné à Paris pour le business ou les loisirs. Selon une étude réalisée en 2005 par le cabinet de consultants AC Nielsen, ils dépensent en moyenne 1 500 euros dans les boutiques au cours de leur voyage en Europe... plus que les Japonais, pourtant réputés pour leurs achats. La Chine, pays qui enregistre une croissance à deux chiffres, devrait envoyer près de 60 millions de touristes en l'Europe dans les dix ans à venir. La concurrence fait rage entre les principales destinations que sont Paris, Londres et Rome pour les attirer. À Roissy, dans les bureaux de la police aux frontières, certains fonctionnaires qui avaient confondu clandestins et touristes se souviennent encore s'être fait taper sur les doigts.

www.chine-informations.com

Source : Le Figa

Rédigé par Aicha Karima Kouidri

Publié dans #Société

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Commenter cet article

ou-tu-vas 20/02/2007 22:02

Merci pour ce texte vraiment tres intéressant !
 
bonne continuation !