Jeudi 2 juillet 2009
L'ONU et les réfugiés de Calais (The Independent)

Par
Gilles Klein le 02/07/2009




"L'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) s'installe officiellement dans ce port français de manière permanente. L'agence aidera les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile à négocier avec les services d'immigrations français et britanniques. Mais elle mettra surtout l'accent sur l'aide à ceux qui veulent s'installer en France." explique The Independent à propos du port de Calais.


"Pourquoi les Nations Unies s'installent à Calais et cela peut-il résoudre les problème des réfugiés ?" titre la page que consacre The Independent à cette épineuse question.


"La fermeture des structures d'accueil empêcherait-elle les immigrants clandestins d'entrer en Grande Bretagne?"

"Oui. Les camps sauvages du nord de la France sont des aimants pour l'immigration illégale internationale qui veut rejondre les îles britanniques. Les trafiquants d'êtres humains ne pourraient plus y recruter leurs victimes. Sans lieux d'accueil, les immigrants retourneraient vers leurs pays d'origine."

"Non. Une fermeture ne fera que déplacer le problème qui ne disparaîtra pas. La majorité des résidents de ces camps sont de véritables demandeurs d'asile, pas des immigrants clandestins. La meilleure manière d'arrêter l'immigration illégale est de renforcer les contrôles aux frontières du Royaume Uni."

The Independent jeudi 2 juillet 2009

 

 

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Vendredi 26 juin 2009
Dix-sept militants de No Border arrêtés à Calais pour possession d'armes prohibées
LEMONDE.FR avec AFP | 25.06.09 | 11h17  •  Mis à jour le 25.06.09 | 12h38

 ix-sept militants altermondialistes du camp "No Border", installé à Calais (Pas-de-Calais) jusqu'au 29 juin, pour dénoncer la situation des migrants dans la région, ont été arrêtés mercredi en possession de machettes et de boules de pétanque, a annoncé, jeudi 25 juin, la sous-préfecture de Calais. Des pieds de biche ont également été saisis. Cinq interpellés ont été placés en garde à vue pour possession d'armes prohibées de 6e catégorie, a-t-on appris de même source.

 

Les militants, de nationalité française, ont été interpellés lors d'un contrôle routier alors qu'ils circulaient en convoi entre le camp, déployé aux abords d'une voie rapide, et le centre de Calais, selon la sous-préfecture. Tôt mercredi matin, une trentaine d'activistes du camp avaient déjà été interpellés après s'être enchaînés aux grilles du centre de rétention administratif de Lesquin, près de Lille.

Jusqu'à 2 000 personnes sont attendues ce week-end par les organisateurs du camp. Une manifestation est prévue samedi matin mais les négociations entre la sous-préfecture et les organisateurs achoppent sur son itinéraire. Par crainte de violences comme celles qui avaient émaillé le sommet de l'OTAN début avril à Strasbourg, le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian, a mobilisé d'importants effectifs de sécurité.









La jungle des mal-lavés
LE MONDE | 25.06.09 | 14h25  •  Mis à jour le 25.06.09 | 20h53
CALAIS ENVOYÉE SPÉCIALE


 

 

Elles sont comme tout le monde à Calais : dans le doute, elles préfèrent se mettre à l'abri des violences qui risquent d'éclater, dit-on, à l'occasion de la manifestation des No Border ("pas de frontière"), prévue samedi 27 juin. Elles se méfient des dérapages. Les mauvais coups, elles ont donné. Elles ont demandé à Mariam, du Secours catholique si, exceptionnellement, on ne pourrait pas les héberger dans les locaux de l'association, le temps que les choses se calment.

Elles ? Venues d'Erythrée (Corne de l'Afrique), souhaitant gagner le Royaume-Uni, elles patientent depuis des mois, comme une soixantaine de leurs compatriotes sans papiers, dans le "squat africain", surnom donné à une bâtisse délabrée, envahie d'ordures, située à deux pas du bassin de la Batellerie, dans le quartier de Calais-Nord. "On a fui une région en guerre, ce n'est pas pour la faire ici !", explique l'une d'elles, attablée devant un verre de thé, dans l'une des pièces du rez-de-chaussée où le Secours catholique a récemment emménagé.

Pour éviter les débordements, des "renforts policiers inouïs" (quelque 2 000 hommes au total) vont être déployés samedi, faisant de l'ex-capitale de la dentelle une "ville en état de siège", a averti le quotidien Nord Littoral. Hostile à la manifestation, la maire de la ville, Natacha Bouchart (UMP), a préféré annuler la parade 1900 prévue le même jour dans les rues de Calais, plutôt que de voir la population s'y rendre "la peur au ventre", a-t-elle confié au quotidien La Voix du Nord. Certes, les manifestants du mouvement No Border ne vont pas défiler en ville. Partisans d'une contestation "radicale" des frontières, comme ils l'écrivent sur leur site (Calaisnoborder.eu.org), ils jurent qu'ils ne viennent "pas à Calais pour tout détruire".

Dans les faubourgs nord de Calais, en bordure de la zone industrielle des Dunes, les habitants de la "jungle" - le plus grand bidonville de migrants du Nord - Pas-de-Calais, dominé par la communauté pachtoune originaire d'Afghanistan -, les questions vont bon train. Ici aussi, on s'interroge sur la manifestation de samedi. Comme sur la fermeture de la "jungle", annoncée pour la fin de l'année. Le ministre de l'immigration, Eric Besson, en visite à Calais fin avril, s'y est publiquement engagé. Les migrants "se demandent où ils vont aller", commente Jacky Verghaegen, animateur du Secours catholique calaisien.


Pour le moment, rien n'a été détruit. A l'intérieur de la "jungle", soit environ 80 "tentes", faites de planches et de bâches en plastique, les Pachtounes ont ouvert une mosquée (une "tente" prolongée d'une esplanade en plein air, au sable soigneusement balayé), un ou deux restaurants, sans oublier trois boutiques-épiceries, "nos mini-Lidl", s'amuse un jeune Pachtoune. Le tout ressemble à un camp de réfugiés, sale mais bien organisé, à l'image des milliers d'autres villages d'infortune que les guerres, la misère ou le mortel ennui des pays sans avenir font pousser à travers le monde.


A l'entrée de la "jungle", un point d'eau a été installé à la mi-mai sur ordre de la sous-préfecture, elle-même alertée par les associations de bénévoles. Autour de la borne vert foncé munie d'un robinet, quelques Pachtounes attendent, ce vendredi de juin, bouteilles en plastique à la main. "Se laver, c'est la première chose qu'ils demandent. Pour une douche, ils sont prêts à sauter un repas", commente Mariam.

Animatrice au Secours catholique, Mariam Rachih se rappelle les violentes bousculades qui ont longtemps présidé aux séances de douche organisées par l'association. L'expérience a duré un peu plus de deux ans. A l'époque, le Secours catholique avait son siège en pleine ville, dans le quartier de Calais-Nord. Quatre cabines de douche, "en préfabriqué, car on n'a pas eu l'autorisation de construire en dur", étaient régulièrement utilisées par les migrants, que l'association emmenait en camionnette "par groupes de huit". Et puis, le nombre des migrants a augmenté. "Il y a encore un an, ils étaient entre 500 à 600. Aujourd'hui, ils sont plus de 800, rien que dans la "jungle" - dont environ 200 mineurs", souligne Jacky Verghaegen.


L'escalade des violences, qui ont ensanglanté l'Afghanistan et le Pakistan durant ces derniers mois, serait-elle de la cause ce nouvel afflux ? La maire de Calais a une autre hypothèse. "Depuis la sortie du film Welcome, il y a eu une augmentation de 200 à 300 émigrés dans la ville", relève Mme Bouchart. Est-ce à dire qu'au fin fond des campagnes d'Afghanistan, voyant le film de Philippe Lioret, une foule nouvelle de jeunes Pachtounes, soulevés d'enthousiasme, se serait mise en route pour Calais ? "Je ne dis pas que c'est le film Welcome qui a provoqué cette augmentation. Je remarque simplement la coïncidence", précise l'édile.

En décembre 2008, le Secours catholique calaisien a décidé d'arrêter les séances de douche. "Les gars se battaient pour monter dans la camionnette : ça devenait dangereux pour les migrants comme pour les bénévoles", explique Jacky Verghaegen. Le point d'eau installé au printemps à l'entrée de la "jungle" est évidemment une bonne chose. Mais il ne suffit pas à contrer le désastre. Le mot n'est pas trop fort : il suffit de passer une heure dans les locaux de la permanence d'accès aux soins de santé (PASS) pour en mesurer l'ampleur. Cet ancien logement d'habitation reconverti en centre de soins est situé non loin de la gare SNCF. C'est aujourd'hui le seul endroit où les migrants de Calais ont le droit de se laver. Soit une douche pour 1 000 personnes environ.


Ce dispensaire public pour démunis, destiné aux personnes sans couverture sociale, est devenu, selon les migrants érythréens (qui n'y vont plus), la "maison des Afghans". Etant les plus nombreux, les Pachtounes de la "jungle" sont désormais les principaux patients.

A l'ouverture de la PASS, fin 2006, le nombre des consultations était d'une quinzaine par après-midi. Il est aujourd'hui d'une trentaine - "avec des pics de quarante", précise l'infirmière Céline Dallery. La petite salle d'eau est composée d'une cabine de douche et d'un lavabo. Quand nous poussons la porte, cet après-midi de juin, il y a foule. La cabine de douche est occupée, mais déjà, agglutinés autour, six ou sept migrants encore habillés attendent leur tour. Certains sont entrés par la fenêtre : malgré le système de tickets institué il y a un peu moins d'un an afin de canaliser le flux, c'est ce chemin qu'empruntent régulièrement les candidats à la propreté.


Mais qu'ils entrent par la porte ou par la fenêtre n'a, au fond, pas beaucoup d'importance. La gale, maladie contagieuse et endémique des "mal-lavés", a envahi la PASS. Elle représente désormais "les trois quarts des pathologies" traitées, souligne l'infirmière qui assure la permanence du dispensaire aux côtés d'un interprète et de médecins vacataires.

Cette épidémie de gale est une catastrophe : non seulement les autres maladies, telles que le diabète, l'asthme, les bronchites ou la tuberculose, ne peuvent plus être soignées - les patients, "trop faibles", n'osent plus se présenter -, mais la gale elle-même est devenue impossible à éradiquer. "Tant qu'il n'y a pas de douches en suffisance, tant que les vêtements et la literie restent contaminés, bref, tant que le contexte n'est pas amélioré, tout ce qu'on fait ne sert à rien", se désole la jeune infirmière. "Les migrants en sont réduits à vivre comme des animaux et tout le monde s'en fiche. On appelle la SPA pour un chat. Pour eux, rien. Ils sont traités comme des rats !", s'exclame-t-elle, la gorge nouée. La jeune femme n'a de cesse, depuis des semaines, d'informer sa hiérarchie des risques qu'une telle situation entraîne. Sans résultat concret jusqu'à présent.

La mairie de Calais, qui a donné son feu vert pour l'aménagement cet été d'une aire de distribution des repas, ne veut rien céder sur le reste. D'accord pour installer des douches, mais pas en centre-ville. Et il n'est surtout "pas question, affirme Natacha Bouchart, d'offrir aux migrants les conditions d'un centre d'accueil de jour". Les discussions entamées avec le Secours catholique, prêt à construire des douches dans son nouveau local, sont donc pour le moment suspendues.


Dans d'autres communes de la région, des compromis ont pourtant été trouvés. Ainsi, à Norrent-Fontes, près de Béthune, où une trentaine de sans-papiers érythréens sont installés, plusieurs mairies des alentours ont accepté d'ouvrir les douches de leurs salles de sport. Les migrants s'y rendent, escortés par des militants associatifs, deux fois par semaine, explique le maire, Marc Boulnois (gauche).

Mais Norrent-Fontes n'est pas Calais où, au bord du bassin de la Batellerie, en ce début d'été, flânent de jeunes Erythréens. Ils regardent l'eau vert sombre. Un des leurs s'est noyé là, quai de la Meuse, samedi 13 juin. Agé de 35 ans, il s'appelait Aman et voulait se laver. Emporté par le courant ou pris par la vase, on ne sait, il n'est pas remonté. L'association Salam a lancé un appel à la souscription pour le rapatriement du corps. C'est le premier mort de l'été.

 

Catherine Simon
Article paru dans l'édition du 26.06.09


http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/25/calais-la-jungle-des-mal-laves_1211364_3224.html#ens_id=1162997

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Vendredi 26 juin 2009
 

 

 

 

OSONS LA SOLIDARITE INTERNATIONALE !


Du 14 au 22 novembre 2009, la 12e Semaine de la solidarité internationale vous invite à participer à plus de 5000 animations originales et conviviales partout en France.

« Récession » , « crise financière »… aujourd’hui certains parlent même de « désastre économique mondial ». Mais ceux qui vivent dans les pays pauvres n’ont pas attendu la « crise » pour constater les conséquences sociales et environnementales de notre modèle de développement. Ce sont d’ailleurs eux, et les plus fragiles ici, qui souffrent le plus durement de la situation. Pourtant des alternatives existent, ici comme là-bas. Loin de baisser les bras et résistant au repli sur soi, nous serons des milliers, à l’occasion de la Semaine de la solidarité internationale du 14 au 22 novembre, à exprimer notre solidarité et à agir concrètement pour un monde plus juste.

Et pourquoi pas vous ?

Journées à thèmes, conférences, spectacles, projections, marchés solidaires, repas équitables, ateliers, débats, expositions... la Semaine est le grand rendez-vous de sensibilisation à la solidarité internationale. Elle se prépare dès maintenant partout en France 

source :  http://www.lasemaine.org/spip.php?page=index

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Jeudi 18 juin 2009
04.06.2009


Paris, le 4 juin 2009 – Amnesty International France regrette que le ministre français de l’Immigration ait appelé à « la mobilisation contre l’immigration clandestine » lors du sommet Justice et Affaires intérieures du 4 juin (JAI) qui s’est tenu aujourd’hui au Luxembourg.


Pourtant, en amont de cette rencontre, Amnesty International avait demandé aux ministres des États membres de l’Union de donner un signal politique clair indiquant leur engagement à mettre en place une politique commune d'asile fondée sur des normes de protection élevées pour les personnes qui fuient des persécutions et de graves violations des droits humains. Les ministres devaient en effet discuter de modifications à la législation actuelle en matière d'asile et évoquer l'immigration irrégulière en Méditerranée.


Dans une lettre remise à Monsieur Eric Besson (disponible sur www.amnesty-eu.org), Amnesty International appelait les ministres à adopter une approche fondée sur la protection face aux propositions sur l'asile de la Commission européenne et soulignait que les politiques d'asile de l'Union doivent se conformer pleinement au droit international des droits humains et au droit des réfugiés.


Amnesty International a également condamné la décision de l'Italie de renvoyer en Libye des migrants secourus en mer sans évaluation de leur besoin de protection et a appelé l'Union à dénoncer de telles pratiques de la part des États membres.


Amnesty International s'est rendue en Libye en mai 2009 et a pu accéder au centre de Misratah où plusieurs centaines de migrants, qui seraient en situation irrégulière, sont détenus dans des conditions de grave surpopulation. Beaucoup de ces personnes étaient des ressortissants d'Érythrée, de Somalie et du Soudan, pays dans lesquels de graves violations des droits humains sont quotidiennement commises. Certains migrants ont dit à Amnesty International être détenus à Misratah depuis deux ans. L'organisation a également reçu des informations sur les conditions de détention inhumaines dans les autres centres de détention pour migrants du pays.


Eric Besson appelle l’Union à « renforcer les capacités de contrôle des frontières des pays d’origine et de transit » et à déterminer les modalités de faire valoir leur droit à une protection pour les « migrants réadmis ». Amnesty International est particulièrement préoccupée par les propositions de traiter dans des pays tiers comme la Libye la détermination des besoins en matière de protection des demandeurs d'asile. À l'heure actuelle, la Libye n'est pas partie à la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et ne dispose d’aucune procédure permettant d'identifier les personnes qui ont besoin de protection internationale.


Il y a une énorme différence entre de véritables efforts de renforcement des capacités de coopération entre les États membres de l'Union et les pays tiers afin de protéger les droits des réfugiés et des migrants et le fait de l’Union de se décharger sur ces pays de ses responsabilités. L'Union ne peut pas délocaliser les obligations que lui impose le droit international vers des lieux où il n’existe aucune garantie effective pour les personnes qui ont besoin de protection. Les personnes renvoyées de force en Libye depuis des États membres de l'Union risquent d’être détenues dans des conditions dégradantes et expulsées vers des pays où elles pourraient être emprisonnées ou torturées.

___________________________________________
Amnesty International France
Service presse - Aurélie Chatelard – 06 76 94 37 05

source : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/communiques_de_presse/appel
_d_eric_besson_a_l_union_europeenne_plus_de_controle_au_detriment_des_droits_humains


La vie des réfugiés est fragile,
leur protection, en Europe et en France, ne doit pas l’être



Paris, le 17 juin 2009 – A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés le 20 juin prochain, Amnesty International France (AIF) demande au ministre de l’Immigration de garantir en toutes circonstances l’accès à la protection pour les personnes qui fuient des persécutions ; un engagement majeur du Pacte européen sur l’immigration et l’asile, que la France a fait adopter en 2008.

Aujourd’hui, le plus grand nombre de ces personnes reste dans les régions proches des pays qu’elles fuient. Alors qu’il est déjà difficile d’accéder au territoire de l’Union européenne pour demander une protection, les projets européens et les récentes propositions françaises dessinent un avenir inquiétant pour les réfugiés.

Au-delà des affirmations de principe, AIF attend des autorités françaises des actes concrets pour que les personnes qui recherchent la protection de l’Union européenne et de la France puissent accéder à leurs territoires et procédures d’asile.

En France, comme le rappellent fréquemment les autorités, le nombre de demandeurs d’asile a légèrement augmenté en 2008 et davantage de personnes ont été protégées. Mais pour autant, la France a de plus en plus recours à une procédure accélérée d’examen des demandes (30% des cas). Les personnes peuvent être renvoyées dans leur pays avant même qu’un juge ait pu établir si elles y avaient des craintes de persécution. De plus, elles ne jouissent pas de leurs droits fondamentaux (absence d’hébergement, absence d’allocation financière, difficultés d’accès aux soins...).
De même, le 23 avril dernier, le ministre de l’Immigration a annoncé le démantèlement de la « jungle » dans le Calaisis et diverses autres mesures faisant craindre de nouvelles opérations de harcèlement des personnes fuyant persécutions et conflits. En dépit des interpellations d’AIF, le ministre persiste à vouloir renvoyer certaines d’entre elles en Grèce. Non seulement la procédure d’asile y est très défaillante mais, en outre, la Cour européenne des droits de l’homme vient de condamner ce pays en raison de mauvais traitements infligés à un demandeur d’asile turc ; mauvais traitements que dénonce depuis des années Amnesty International.
Enfin, le 4 juin dernier, lors du sommet Justice et Affaires intérieures au Luxembourg, Eric Besson a appelé les Etats de l’Union à «renforcer les capacités de contrôle des frontières des pays d’origine et de transit» et à déterminer comment les «migrants réadmis» dans des Etats tiers peuvent demander une protection.
Au mois de mai, l'Italie avait renvoyé en Libye au moins 500 migrants secourus en mer sans aucune évaluation de leur besoin de protection alors que cet Etat n'est pas partie à la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et ne dispose d’aucune procédure permettant d'identifier les personnes qui ont besoin de protection internationale
.

 

 

Télécharger le document "L’asile en France en 2009" réf SF09R56 (PDF)

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Lundi 15 juin 2009

Repenser la politique européenne d’immigration



Notes - Michel Feher* - 09 juin 2009

 

 

Terra Nova souhaite contribuer à revisiter la position progressiste sur l'immigration, et s'apprête à lancer un groupe de travail sur cette question. Dans cette perspective, nous souhaitons saluer le travail réalisé par l’association « Cette France-là », qui vient de publier son premier rapport annuel sur la politique d’immigration en France et en Europe. Michel Feher, philosophe et président de  "Cette France-là", décrit dans cette note pour Terra Nova la dérive des politiques européennes d'immigration et d'asile, de l’approche équilibrée des accords initiaux de Tampere en 1994 vers une vision de plus en plus répressive, et qui se concrétise dans le pacte européen pour l’immigration, grand "acquis" de la Présidence française de l'Union européenne.

Télécharger cette note (format PDF)

 

Depuis l’entrée en vigueur du Traité d’Amsterdam, le 1er Mai 1999, l’établissement de règles communes en matière d’immigration, d’asile et d’intégration des étrangers extracommunautaires est l’une des missions dont l’Union européenne se proclame investie. Pour promouvoir cette communautarisation des politiques migratoires, deux programmes quinquennaux ont été successivement élaborés : le programme dit de Tampere pour la période 1999-2004 et le programme de La Haye pour la période 2004-2009. Quant au Pacte européen sur l’immigration et l’asile, dont l’adoption est le principal « acquis » du Conseil européen présidé par la France au second semestre 2008, son ambition est de fixer les lignes directrices de la politique de l’UE pour les années à venir.

Initialement, trois domaines étaient promis à l’harmonisation: l’intégration des migrants en situation régulière, la protection des demandeurs d’asile et des réfugiés, et enfin le contrôle des frontières et la lutte contre l’immigration irrégulière. Toutefois, dès la fin du programme de Tampere, les avancées ne vont guère plus concerner que le troisième élément de ce triptyque. Une telle tendance se voit confirmée, et même accentuée par les textes les plus récents, qu’il s’agisse du Pacte sur l’immigration et l’asile ou encore de la directive relative au « retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier », adoptée en juin 2008.

Pour justifier la priorité accordée aux volets sécuritaire et répressif du projet de communautarisation des politiques européennes d’immigration, Brice Hortefeux, principal initiateur du Pacte sur l’immigration et l’asile, invoquait son souci de conjurer l’inquiétude que l’Europe suscite encore chez les citoyens des États membres de l’UE. À ses yeux, privilégier le contrôle des frontières, la surveillance des migrants réguliers et l’éloignement des étrangers en situation irrégulière aurait donc pour but de « faire évoluer la perception de l’Europe, d’une Europe qui inquiète à une Europe qui protège. » 

Lire la suite ici :
http://www.tnova.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=808:leurope-de-leau--une-politique-qui-fait-sens-&catid=4:notes
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