Pourquoi Copenhague ne veut pas entendre parler des réfugiés climatiques ?
Voici quelques vidéos sur le phénomène...
Pourquoi Copenhague ne veut pas entendre parler des réfugiés climatiques ?
Voici quelques vidéos sur le phénomène...
Depuis quelques semaines, le « Climatgate » fait fureur aux Etats-Unis. Cette affaire, qui a finalement moins d’échos en France, est basée sur le piratage de 13 ans d’e-mails échangés par d’éminents scientifiques du Giec. Selon les « climato-sceptiques », ces conversations montreraient que ces climatologues ont cherché à « minimiser le déclin » des températures ces dix dernières années dans le but de renforcer la gravité du changement climatique. Outre-Atlantique, le buzz est tel que les Parlementaires républicains- et certains démocrates- brandissent l’argument du « doute » pour batailler contre le Plan climat d’Obama… A en croire les derniers sondages, ils sont d’ailleurs soutenus par une large frange de la population américaine : selon le Pew Research Center, ils ne seraient plus que 57 % à juger que les preuves du réchauffement sont solides et scientifiquement prouvées.
Pour comprendre pourquoi ces thèses ont tellement de résonnance aux Etats-Unis, le documentaire de Paul Moreira, « Enfumés », diffusé sur France 4, est particulièrement intéressant. Il montre comment les lobbys pétroliers, automobiles, énergétiques, etc, réunis dans ce que les écologistes appellent le « carbon club », se sont infiltrés au cœur même du gouvernement américain, faisant perdre 10 à la lutte contre la réduction des émissions de gaz à effets de serre. ExxonMobil aurait ainsi distribué près de 16 millions de dollars entre 1998 et 2005 à un réseau composé d'une quarantaine de think tanks et de lobbyistes. Si Exxon a ensuite commencé à admettre la réalité des changements climatiques, le retard qu'il a pris sur cette question a fait douter ses plus grands actionnaires. En mars 2006, 17 fonds de pensions américains contrôlant 110 millions d'actions de l'entreprise, avaient demandé à être reçus par le président du groupe pour évoquer sa stratégie sur ces questions.
Petit retour en arrière. En décembre 1997, au sommet de Kyoto, le vice-président Al Gore « prononce une phrase qui sonne comme une déclaration de guerre », commente Paul Moreira : « Dans mon pays, nous nous souvenons des industriels du tabac qui nous expliquaient que fumer n’était pas mauvais pour la santé. A ceux qui vont chercher à faire obstruction à notre démarche, nous disons : nous ne vous laisserons pas mettre des intérêts privés étroits au dessus de ceux de toute l’espèce humaine… » Et pourtant, à son retour, le Congrès désavouera son engagement sur le protocole de Kyoto...
Les lobbys au cœur de l’administration
Mais c’est pendant les années Bush, où rappelons-le, au moins trois des dirigeants du pays – le Président lui-même, le vice-président Dick Cheney et la secrétaire d’Etat Condoleeza Rice- venaient de l’industrie pétrolière, que ces agents d’influence vont avoir la voie libre pour diffuser massivement leur thèse. Des lois aussi aberrantes que celle permettant aux petites entreprises de déduire fiscalement jusqu’à 100 000 dollars pour l’achat de grosses cylindrées comme les 4X4 vont ainsi pouvoir passer, permettant ainsi à ces véhicules ultra polluants (jusqu’à 300 g/km de CO2) de compter pour la moitié des achats de voitures aux USA…
Le documentaire permet notamment de lever le voile sur l’un des « cerveaux » de ce réseau, le très discret Philip Cooney, qui après avoir travaillé pendant 15 ans pour l’institut du pétrole américain, est embauché en 2001 par la Maison Blanche pour assurer l’interface entre la communauté scientifique du climat et la présidence des Etats-Unis. En fait, pendant des années, il modifiera les rapports des climatologues en y injectant systématiquement le doute. Difficile de ne pas voir dans ce « travail », la main du lobby pétrolier, dont le plan d’action justement dévoilé à cette occasion, estimait que « la victoire serait atteinte quand le citoyen américain admettra comme du bon sens qu’il existe des doutes concernant le changement climatique »…
Aujourd’hui encore, des publicités que l’on pourrait aisément prendre pour des parodies, sont régulièrement diffusées pour contrecarrer les dires des scientifiques sur la nocivité de l’excès de CO2 dans l’atmosphère. Dans un spot sur fond de fleurs et de cerfs gambadant gaiement dans la forêt, l’ « association à but non lucratif », CO2isgreen, qui revendique la « mission de soutenir scientifiquement et économiquement de saines politiques publiques environnementales », attaque ainsi la loi destinée à classer le CO2 comme polluant en déclarant que cela « coûtera des emplois » et « n’est scientifiquement pas prouvé ». Un message largement relayé par la Chambre de commerce des Etats-Unis…Dans le documentaire, la mauvaise foi la plus totale sera atteinte par Patrick Michaels, l’un des climatologues travaillant pour le très libéral Cato Institute, qui parle des craintes concernant le changement climatique comme de « la thèse de l’homme stupide qui suppose que l’homme ne s’adapte pas ! » Et pour les nations ou les populations qui ne pourront pas s’acheter l’air conditionné, la réponse fuse : « Tant que les pays pauvres n’auront pas décidé de réussir, ils ne connaîtront pas le succès ». CQFD.
« Enfumés », un documentaire de Paul Moreira, diffusé sur France 4, le 9 décembre 2009 à 22h10
|
Béatrice Héraud Mis en ligne le : 07/12/2009 © 2009 Novethic - Tous droits réservés |
La crise économique et financière a-t-elle altéré la préoccupation de l’opinion mondiale sur le changement climatique ? La réponse est mitigée selon les pays,
mais au plan global, un tiers
des personnes interrogées (34 %) jugent que le changement climatique est l’un de leurs principaux sujets de préoccupation, selon l’Observatoire annuel HSBC de la confiance climatique. En
France, seulement 13 % des personnes interrogées ont placé le changement climatique en tête de ce classement.
Si la population mondiale a d’autres sources d’inquiétudes, plus fortes que la seule question climatique, l’enquête 2009 révèle néanmoins une forte attente en vue de Copenague . 65 % des personnes interrogées dans le monde estiment en effet qu’un nouvel accord international de réduction des émissions polluantes est « très important ». Cette attente est particulièrement forte au Brésil (86%), au Mexique (83%) ainsi qu’en Allemagne (70%) et en France (73%). S’agissant des engagements des Etats attendus à Copenhague, 79 % des personnes interrogées souhaitent que des objectifs de réduction des émissions compris entre 50 et 80% soient respectés d’ici à 2050, voire dépassés. L'attente est particluièrement forte au Brésil (90%), à Hong-Kong (84%), en Chine (82%) et en Inde (75%).
A l’échelle mondiale, seulement 2 % des sondés jugent qu’un nouvel accord climatique « pas du tout important », mais le Mexique est cependant le seul pays à placer en tête de ses préoccupations le changement climatique, "peut-être parce que la population a conscience qu'elle subira plus sûrement les effets du réchauffement que les pays développés", note l'Observatoire. A contrario, ils ne sont que 42% aux Etats-Unis et 45% au Royaume-Uni à estimer que « le climat constitue une priorité budgétaire pour les Etats », « au même titre que le soutien aux économies nationales", tandis que les Mexicains sont 64% à partager cet avis.
Evolution de l’opinion française
Parmi les pays industrialisés, les Français sont les plus favorables à une réduction significative des émissions de CO2 (84%). De fait, l’opinion française semble avoir évolué depuis l’enquête
2008, notamment sur l’engagement personnel à moins polluer. Les français sont les plus nombreux à affirmer qu’ils font un effort personnel pour réduire leurs émissions de carbone,
(44% - soit 16 points de plus qu’en 2008). L’année dernière, ils n’étaient en effet que 25 % à vouloir « modifier leurs décisions d’achat ou leur mode de vie » et
faisaient partie des 3 pays les plus réticents à dépenser plus d’argent pour l’environnement, avec le Brésil et Kong Kong.
L’enquête 2009 révèle globalement que l’engagement des populations pour réduire leur empreinte carbone progresse de 4 points par rapport à 2008, pour atteindre 36%, un pourcentage qui reste néanmoins assez faible. Les mesures les plus citées sont « le recyclage, la mise hors tension des équipements électroniques et l’utilisation d’ampoules basse consommation ». Les populations restent malgré tout dans une position ambivalente : elles ne sont pas prêtes à réaliser des efforts personnels mais attendent en revanche beaucoup de leurs gouvernements et estiment à 69% qu’il est au moins « aussi important de lutter contre le changement climatique que de soutenir leur économie nationale pendant la crise ».En France, ils sont même 74% à partager cet avis. Mais au plan mondial, pour une personne sur trois, ni les organisations ni les populations ne prennent les mesures nécessaires pour lutter contre le réchauffement de la planète.
|
Véronique Smée Mis en ligne le : 04/11/2009 © 2009 Novethic - Tous droits réservés |
Sonder l’opinion internationale sur les changements climatiques ? L’idée a tout d’une gageure et peut laisser perplexe, mais la démarche, inédite, mérite d’être saluée. L’initiative du “World Wide Views on Global Warming” (WWViews) vient du Danemark, pays hôte du prochain sommet climatique. Objectif : connaître l’opinion des populations, au Nord comme au Sud, sur cette question, leur vision de la justice climatique et de la répartition des efforts. La consultation a donc eu lieu dans des pays où les préoccupations sont forcément différentes (Europe, Etats-Unis, Canada, Inde, Chine, Ouganda, Indonésie ou Chili…), permettant une comparaison des niveaux de prise de conscience et des moyens retenus par les « répondants » pour faire face aux défis. Car l’objectif affiché est « d’envoyer des messages aux politiques et aux négociateurs pour Copenhague ». En France, c’est la Cité des sciences et de l’industrie, qui a pris en charge la préparation et l’organisation de la consultation au niveau national, aidée par la Sofres pour la composition du panel.
Au total, les 4500 participants à travers 38 pays ont eu à se prononcer sur des questions précises (Quels efforts de réduction des GES selon les pays ? Qui doit financer l’adaptation pour les pays pauvres, Faut-il augmenter le prix des énergies fossiles, etc) et formuler des recommandations. En France, les trois recommandations portent sur l’éducation à l’environnement, la création d’un organisme mondial indépendant et celle d’un fonds mondial pour le climat.
Le climat, une préoccupation plus forte dans les pays pauvres
D’une manière globale, les réponses apportées sur l’urgence d’un accord international sur le climat sont consensuelles (95% estiment qu’un accord est urgent), en revanche celles qui concernent le degré de préoccupation montrent un réel fossé. Dans les pays riches, 46% « seulement » du panel se dit très préoccupé, contre 80% dans les pays pauvres (88% en Ethiopie par exemple). De même, sur les objectifs de réduction des émissions de GES, les pays émergents dits « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne se prononcent pas pour des efforts de même niveau que les pays riches. S’ils acceptent en effet une réduction de la croissance de leurs émissions, ils sont contre des objectifs de réduction en valeur absolue.
En France, le panel se prononce pour des objectifs semblables à ceux des ONG : 80% des personnes estiment ainsi qu’il faut réduire les émissions de GES de 40%
d’ici 2020, contre 58% au niveau mondial. En revanche, sur les efforts et les moyens d’y parvenir, les résultats sont moins unanimes. A la question « Faut-il augmenter le prix des
énergies fossiles ? », 36% des français disent « non » (20% du panel mondial), et 31% « oui mais seulement pour les pays industrialisés et les pays aux revenus
élevés ou à forte émission de GES», contre 43% au niveau mondial.
Enfin, l’idée de créer un fonds d’adaptation destiné à aider les pays pauvres recueille 89% des suffrages en France (84% dans les autres pays riches). Pour 61% du panel français, il doit être
abondé par tous les pays excepté les pays en développement, une opinion proche de l'ensemble (57%) des pays riches, qui estiment par ailleurs, à 29%, que l'effort doit être consenti par tous les
pays. Contrairement à certaines idées reçues, les réponses des pays du Sud à ce sujet montrent qu’ils estiment avoir un effort à faire aussi. Ils sont en effet 30% à estimer que tous les pays
doivent contribuer.
Reste que l’exercice de la consultation et la comparaison entre pays ont leurs limites méthodologiques. Tous les pays qui ont participé au World Wide Views n’ont pas le même degré de transparence sur l’information, ni la même liberté d’expression sur des sujets complexes et au final, très politiques.
|
|
Au moment de l’adoption du Plan d’action de Bali, les gouvernements danois, polonais et indonésien se sont mis d’accord pour faire en sorte que la conférence COP15 de Copenhague en 2009 soit absolument cruciale pour le travail de lutte contre le changement climatique qui sera entrepris dans les années à venir. Cette décision s’explique en partie par les appels à une action rapide lancés dans le dernier rapport du GIEC, mais également par la prise de conscience que 2009 marque en quelque sorte la date limite pour atteindre un accord qui puisse être approuvé et ratifié dans un délai suffisant pour pouvoir entrer en vigueur à l’expiration du Protocole de Kyoto en 2012.
L’histoire de la CCNUCC montre que les pays peuvent aller de l’avant ensemble rapidement, mais aussi qu’ils risquent la paralysie du fait de désaccords internes. L’ambition du gouvernement danois est que la conférence COP15 de Copenhague débouche sur un accord global ambitieux mettant à contribution tous les pays du monde.
Les développements intervenus sur la planète depuis la négociation du Protocole de Kyoto en 1997 montrent qu’un nouvel accord est nécessaire. La Chine a supplanté
les Etats-Unis au rang de premier émetteur de gaz à effet de serre et le prix du pétrole a atteint des sommets. Ceci nous rappelle que les carburants fossiles sont non seulement polluants, mais
aussi qu’ils constituent une source d’énergie dont les réserves accusent une diminution constante. L’objectif du gouvernement danois est de parvenir à un accord qui permette la réduction de la
quantité totale d’émissions de gaz à effet de serre anthropique, et soit soutenu par autant de pays que possible.
site : http://fr.cop15.dk/frontpage ici vous trouverez toutes les informations sur cet évènement.