SOCIETE - Une conférence sur le fanatisme...

Publié le 17 Mai 2010

Le fanatisme est un "fléau de la société" qui risque de paralyser la vie en Egypte. Les intellectuels tirent la sonnette d'alarme. Lors d'un débat qui s'est déroulé à l'Université du Caire, le 3 mai dernier, professeurs de psychanalyses et membres représentant du Conseil Suprême de la Culture ont essayé d’analyser le problème, afin de trouver les moyens de le confronter

 

Loin est le temps où l'Egypte était la terre de la tolérance, où toutes les communautés pouvaient vivre en paix, sans distinction aucune. "Je me souviens encore de ces moments de bonheur et de malheur que je partageais avec mes voisins chrétiens, à la campagne. Nous vivions comme les membres d'une seule famille", dit Safaa, une cinquantenaire. Sendoce, la vingtaine, semble contrariée : "Je ne comprends rien, lorsque nous étions à l'école, nous étions très copines. Puis, une fois à la fac, elles m'ont boudée. Que faire alors ?!"

Photos LPJ - Les conférenciers à l'oeuvre

Cette volonté de rejeter l'autre, nier son identité ou tout simplement refuser de le reconnaître est une sorte de fanatisme. La psychanalyse considère fanatique toute personne qui éprouve de la haine à l'égard des autres sujets, dans la société. Ayant souvent reçu de fausses informations, celle-ci agit sous le coup de l'émotion. Grande adepte de l'anéantissement, l'agression physique ou verbale dont elle est capable n'est que la manifestation même de la déformation subie."L'examen médical fait sur certaines personnes dénote un dérèglement cérébral. Le type en question est, la plupart du temps, inapte à réagir correctement car, certaines cellules chez lui ont été détruites", affirme Ghaleb, médecin.

 

Une situation alarmante
Le cas est-il vraiment grave ? Et pour quelles raisons ? "Tout d'abord, il faut savoir que le fanatisme existe dans toutes les sociétés, avec différents degrés. Mais en Egypte, il est devenu le fléau de la société. Qu'il ait une réelle cause ou pas, il se pratique à tous les niveaux : religieux, sportif, politique, entre les couches sociales, hommes / femmes … pire encore, le fanatisme entre gens de même sexe (femmes contre femmes), explique Abdel Moneim, professeur de psychanalyse. Et de poursuivre : "La famille, l'école ne joue plus son rôle comme avant. Le vide crée a été remplacé par les médias. Ceux-ci ont déformé les réalités, contribué à déformer les esprits. A cela s'ajoutent les influences venant de l'Est et le contexte actuel des choses".

En effet, les professeurs s'accordent à dire que le fanatisme ne peut être analysé à part, sans tenir compte des autres problèmes de la société à savoir, la pauvreté, le chômage, l'alphabétisation, etc. Enfin, tous optent pour la solution suivante :

 

Prévenir plutôt que guérir
"Une loi ne peut changer la haine en amour. Nous devons agir en amont, au niveau des programmes scolaires. Apprendre aux élèves comment accepter l'autre et propager la philosophie de la paix. L'école, l'armée et les médias devraient rassembler tout le monde, sous le même drapeau. En un mot, rétablir la justice".

 

Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 11 mai 2010

Rédigé par kak94

Publié dans #observatoirecitoyen

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