MATELLY Jean-Hugues

Publié le 26 Mars 2010

MATELLY Jean-Hugues

Fonctions :
- Chercheur associé au CESDIP.

Coordonnées :
- Courriel : jean-hugues.matelly@orange.fr
- Téléphone : 01.34.52.17.00
- Télécopie : 01.34.52.17.17
- Portable : 06.80.14.89.16

Domaines de recherche :
- Les chiffres de la criminalité et les statistiques policières : construction enjeux et usages.
- Exercice de la police judiciaire et de la police scientifique
- Politiques publiques de sécurité
- Management des organisations publiques en charge de questions de sécurité
- Organisation et fonctionnement de la Gendarmerie nationale
- Interactions du champ militaire et du champ policier dans les problématiques de sécurité
- Déontologie et éthique militaires et policières
- Place du militaire et du policier dans la société

Publications :

- Ouvrages

Police : des chiffres et des doutes, 2007, Paris, Michalon (avec Christian Mouhanna).

Une police judiciaire… militaire ? – La gendarmerie en question, 2006, Paris, l’Harmattan.

- Articles

Pratiques policières : le "travail" des chiffres, Actualité Juridique Pénal, 2007, 5, 238-242 (avec Christian Mouhanna).

L’incertaine liberté critique du militaire, L’Actualité Juridique Droit Administratif, 2005, 39, 2156-2161.

Une activité de police judiciaire gagnée par la fièvre médiatique ?, Les Cahiers de la Sécurité Intérieure, 2004, 55, 219-240.

source : http://www.cesdip.fr/spip.php?article329

Au moment où les gendarmes témoignent de plus en plus ouvertement du malaise né de leur rattachement, depuis août 009, au ministère de l'intérieur, la sanction exceptionnelle infligée à l'un d'eux pour avoir critiqué cette réforme gouvernementale risque de nourrir la tension.

 

Le chef d'escadron de la région Picardie Jean-Hugues Matelly, 44 ans, à qui il est reproché un "manquement grave" à l'obligation de réserve des militaires, a été radié des cadres. La décision, prise par un décret du président de la République le 12 mars, lui a été notifiée jeudi 25 mars.

Cette sanction –la plus grave –, pour des faits relevant de la liberté d'expression des armées, est "sans précédent", affirme l'avocat du commandant Matelly, David Dassa Le Deiste, qui annonce un recours au Conseil d'Etat.

Le 30 décembre 2008, M.Matelly, par ailleurs chercheur associé au CNRS, avait cosigné avec Laurent Muchielli et Christian Mouhanna, deux universitaires spécialisés dans les questions pénales, un article intitulé: "La gendarmerie enterrée, à tort, dans l'indifférence générale", publié sur le site Rue 89.


En juin2009, la direction générale de la gendarmerie nationale le renvoyait devant l'instance disciplinaire pour avoir exprimé "une désapprobation claire vis-à-vis de la politique conduite par le gouvernement" et pour s'être soustrait à "l'exigence de loyalisme et de neutralité liée à son statut militaire".

"DISPROPORTION MANIFESTE"

Coauteur en 2007 du livre Police, des chiffres et des doutes (éd. Michalon), M.Matelly avait déjà reçu un blâme, annulé par le Conseil d'Etat. Cette sanction jugée d'une "gravité modérée" n'a pas été remise en cause par la Cour européenne des droits de l'homme.

Cette fois, "il y a une disproportion manifeste entre les faits reprochés et la mesure, défend Me Dassa Le Deiste. La radiation est une mesure qui s'applique à des fonctionnaires qui ont commis des infractions pénales caractérisées, de nature à entacher l'institution".

Les gendarmes soulignent la moindre sévérité des sanctions infligées à leurs pairs condamnés dans l'affaire de l'incendie des paillotes en Corse, ou à un officier qui a reçu 30 jours d'arrêt et une simple mutation pour des actes racistes envers ses hommes.

"On est dans le pur délit d'opinion, réagit M.Mouhanna, et cela renvoie à la crise de la gendarmerie." L'association Gendarmes & Citoyens indique : "Cette décision, qui suit directement les dernières élections, ne peut être qu'un acte politique en forme d'avertissement du pouvoir à l'égard de la communauté des gendarmes."


Les signes d'amertume se multiplient. Le 4 février, l'association publiait une lettre au préfet du commandant du groupement de l'Ardèche, Philippe Espié, qui évoquait sa crainte d'un "démembrement de l'institution". Les gendarmes "ne se sentent pas en adéquation (…) avec les pratiques policières", écrivait-il.

Ils "regrettent d'être passés d'une culture d'efficience à une culture d'affichage dans laquelle ils craignent de se décrédibiliser vis-à-vis de la population, de perdre leur notoriété et, de ce fait, leur âme". Cet officier a été muté en Haïti.

 

Nathalie Guibert

Rédigé par kak94

Publié dans #solidarite

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