Du refus au refuge : itinéraire des demandeurs d’asile en Egypte

Publié le 4 Décembre 2009

Soudanais, Somaliens, Ethiopiens, Erythréens, Irakiens… la population réfugiée ou demandeuse d’asile, principalement issue de ces pays, est estimée à 52.270 individus en Egypte. Comme 29% des pays dans le monde, l’Egypte délègue au Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (UNHCR) la gestion de ces cas. En effet, être réfugié signifie correspondre à des critères juridiques précis : c’est ce que vérifie le HCR afin d’accorder, ou non, le statut de réfugié aux demandeurs d’asile


Prétendre au statut de réfugié : les conditions sine qua non

Les critères à remplir sont très précis : ce sont des critères de droit. Le demandeur, qui doit se trouver hors de son pays, doit avoir la crainte fondée de subir des persécutions dans son pays d’origine. Seuls cinq motifs de persécution ont été retenus : la race, la religion, l’opinion politique, la nationalité et l’appartenance à un groupe social. C’est ainsi que l’entend la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, dont la majorité des pays sont signataires. Afin de rendre l’accès au statut de réfugié moins restrictif, la Convention de 1969 de l’Organisation de l’Unité Africaine permet aux ressortissants d’Etats victimes d'agression, d'une occupation extérieure, d'une domination étrangère ou d'événements troublant gravement l'ordre public de formuler des demandes d’asile. Cela permet ainsi aux Somaliens ou aux habitants du Darfour d’être considérés comme réfugiés, alors qu’ils ne peuvent pas toujours l’espérer d’après les critères de la Convention de 1951. L’enjeu est cependant que les "réfugiés 1969" ne bénéficient pas d’une reconnaissance internationale, puisque seuls les pays africains sont signataires de cette convention. Il reste toutefois possible d’obtenir par la suite une protection sous la convention de 1951, reconnue dans tous les pays. Mais il ne suffit pas de répondre aux critères : encore faut-il le prouver… Photos UNHCR DR - Angelina Jolie ambassadrice de bonne volonté

Obtenir le statut de réfugié : un parcours bien défini
La première étape est l’enregistrement au UNHCR, ce qui permet aux demandeurs d’asile d’obtenir une "carte jaune" qui les protège de toute expulsion jusqu’à l’examen de leur cas. Une date d’entretien leur est ensuite fixée. Ils doivent y présenter leur témoignage: cinq à dix pages manuscrites qui prouvent que leur demande d’asile est justifiée. Lors de l’entretien, les membres du UNHCR étudient point par point le témoignage, et demandent des précisions pour vérifier l’exactitude des faits. Lors de cette étape très éprouvante pour les demandeurs d’asile, ils sont parfois assistés d’un représentant légal. Le UNHCR rend ensuite sa décision, étape qui peut prendre plusieurs mois. En effet, le seul bureau du HCR en Egypte, localisé au Caire, souffre de son manque d’effectif : seules 65 personnes y travaillent.

Etre réfugié en Egypte : une étape qui peut se révéler transitoire
Le sort des réfugiés n’est cependant pas forcément plus enviable en Egypte que dans leur pays d’origine. On peut ainsi prendre l’exemple d’un homosexuel qui obtient le statut de réfugié en Egypte à cause de son orientation sexuelle, c'est-à-dire qu'il est persécuté pour cette raison dans son pays d'origine. La possibilité d’assumer sa sexualité ne va cependant pas plus s’offrir à lui en Egypte. Dans ce cas, il peut espérer une réinstallation : après avoir déposé un nouveau dossier et s’être soumis à d’autres entretiens, il peut être accepté dans un autre pays d’accueil. Ceux-ci sont principalement les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Par ailleurs, il faut considérer le fait que les réfugiés n’ont pas l’autorisation de travailler en Egypte. On estime ainsi que 20% des réfugiés ne peuvent assurer par eux-mêmes leur subsistance.

Dorine DEROUAULT (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) jeudi 3 décembre 2009


Rédigé par kak94

Publié dans #observatoirecitoyen

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