Confederation Syndicale Internationale

Publié le 3 Novembre 2006

La Confédération Syndicale Internationale (CSI) est née ce mercredi, 1 novembre, à Vienne, elle réunit 306 syndicats représentant 168 millions de salariés dans 154 pays.

 

La CISL[1] et la CMT[2] ont enfin compris le devoir d’union nécessaire aujourd’hui à une plus  grande présence syndicale sur la scène internationale. L'Organisation Internationale du Travail a un nouvel interlocuteur. Ils pourront travailler ensemble, et avec l'OMC, car l'organisation de la concurrence dans le cadre de la mondialisation nécessite de renforcer la defense des normes fondamentales du travail sur un marché mondialisé. 

La violation permanente des droits fondamentaux exposait en effet les pays en voie de développement, qui préféraient jusque là,  rogner ces droits afin d’être plus compétitifs.

 Or tout le travail de cette nouvelle internationale, va consister à faire respecter au mieux, les conventions internationales du travail.  Cela sous entends, d’aider les pays émergeants ( et en particulier la Chine) à développer un syndicalisme née sous les feux de la mondialisation. Plus qu’un rôle d’alerte ou de surveillance, le nouveau défi est de permettre à ces pays d’acquérir de nouveaux outils démocratiques à travers le droit du travail.

 

 Convention 87 sur la liberté syndicale, Convention 98 sur le droit de négociation collective, Convention 29 sur l’abolition du travail forcé, la 111 sur la discrimination à l’emploi, etc…

Ceci devrait entraîner une collaboration étroites avec les Etats ( ministère de l’emploi, du travail..) dans le but d’établir un régime mondial d’échanges durables.

Il faut noter que ces dernières années, le droit syndical à été la proie de toutes les attaques, y compris dans les pays de la zone européenne.

Si l’on peut se réjouir de cette nouvelle entité, tout reste à faire sur le plan de la cohésion syndicale. Reste à savoir comment toutes ces centrales vont s’articuler dans la défense de droits communs, alors que certaines sont très éloignées d’autres par leur fondements politiques. 

 

 

 

Sur un plan national, et plus proche de nous, en France, le paysage syndicale n’a jamais été aussi divisé.

« Le syndicalisme[3] français est en crise depuis un certain nombre d'années en raison des licenciements massifs et des progrès du libéralisme. Aussi, de nombreuses tentatives ont-elles été faites par les syndicats pour se regrouper ou se réformer. Le jeu syndical a été modifié par le mouvement social de décembre 95, puis par le mouvement des chômeurs de l'hiver  97-98, mais le syndicalisme saura-t-il répondre aux problèmes de fond de la société ?. »

Avec 8% de syndiqués, la France est en fin de peloton des pays en matière de syndicalisme, se plaçant devant  la Corée.

Il semblerait que les appareils syndicaux soient soumis aux mêmes problématiques que les appareils politique. Recherchant pour la plupart une place dominante, souvent au détriment de ce que pense, ou vit sa base. Dans un clientélisme farouche, chacun veut habiter le devant de la scène. Mais à y regarder de plus prés, le compte n’y est pas.

Entre une CGT, viscéralement acquise aux valeurs du communisme, une CFDT qui a du mal à se positionner entre un patronat qu’elle courtise et une évolution de fond à laquelle elle aspire, une FO, qui depuis le départ de son ténor, Blondel se cherche elle aussi, se diluant parfois avec des courants qui lui sont bien étrangers, et une CGC bonne élève, qui paradoxalement commence à trouver sa place dans des électorats qui lui étaient  étranger jusqu’à aujourd’hui.

 

L’ UNSA n’a d’autres objectifs que de viser sa reconnaissance de syndicat représentatif, et pour cela a déployé sa batterie « adhésions », car l’enjeu est de taille.

Mais il me semble important, que les syndicats français puissent s’inspirer de la situation internationale, pour enfin poser les premières pierres d’une réflexion commune. De venir une vrai force de proposition et non plus seulement d’opposition.

Le syndicalisme de négociation semble se profiler comme le seul moyen d’une vraie négociation sociale. Et en cela La CFDT semble avoir une longueur d’avance, mais pas assez libre à ce jour pour en faire sa dynamique de fond.


 

 

[1] Confédération internationale des syndicats libre

[2] Confédération mondiale du travail

[3] Les transformations du syndicalisme en France./dir. Jacques  Kergoat et Danièle Linhart. - Problèmes politiques et sociaux. - (1998-04-10)n°801, p.1-86. - Tabl. - Bibliogr.

Rédigé par Aicha Karima Kouidri

Publié dans #Société

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