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Avec une progression de 20 % par an en moyenne, le commerce équitable est l’un des secteurs économiques les plus dynamiques en
Europe. Il ne représente pourtant que 0,001 % du commerce mondial. Pourrait-on imaginer qu’un jour tous les produits soient équitables ? Un développement à plus grande échelle du commerce équitable
est-il souhaitable, et quels pourraient en être les effets pervers ? Entretien avec Tristan Lecomte, fondateur de l’entreprise Alter Éco.
Peut-on imaginer qu’un jour, le commerce équitable supplante le commerce mondial ?
Oui, s’il ne s’attache qu’au commerce agricole ou au produit faiblement transformés. Le commerce de produits agricoles représente 7 % du commerce mondial.
Aujourd’hui, le commerce équitable c’est 0,001 % du commerce mondial, donc l’objectif c’est de passer à 7 % - pas forcément à 100 %, parce qu’on ne trouvera jamais de voiture équitable ni
de pétrole équitable. Ce n’est pas adapté. Le commerce équitable vise de petits producteurs et les petits producteurs ne peuvent faire que, principalement, des produits agricoles, ou
d’artisanat.
Y aurait-il des effets pervers à ce que le commerce équitable se développe à plus grande échelle ?
C’est bien pour les volumes que le commerce équitable se développe, mais il ne faudrait pas faire du commerce équitable au rabais. Par exemple, actuellement
la grande distribution développe ses marques propres, c’est bien pour les volumes. Mais il faut faire attention, la grande distribution commence à dire qu’elle va faire du commerce
équitable moins cher. Il ne faut pas que cela entraîne des critères tirant vers le bas. Il ne faut pas faire du commerce équitable à n’importe quel prix. Si on couvre au maximum les coûts
de production, qu’on réinvestit au maximum dans la coopérative, c’est bien. Mais si après on enlève la valeur ajoutée au producteur pour baisser les prix, non: ce n’est pas
l’objectif.
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