CREATION D’UN FONDS MONDIAL POUR LUTTER CONTRE LA FAIM ET LA MALNUTRITION

Publié le 15 Avril 2008




Hausse des prix des denrées alimentaires :

10/04/08

ACTION CONTRE LA FAIM APPELLE A LA CREATION D’UN FONDS MONDIAL POUR LUTTER CONTRE LA FAIM ET LA MALNUTRITION

Le phénomène de la hausse des prix des denrées alimentaires est constaté par Action contre la Faim dans nombre des pays dans lesquels elle intervient (Haïti, Sierra Leone, Liberia, Burkina Faso, Bangladesh, Afghanistan, Philippines, Ethiopie, Somalie…). L’association appelle à l’action concrète qui passe par la création urgente d’un fonds mondial pour lutter contre la faim et la malnutrition afin qu’enfin la 1ère cause de mortalité de la planète soit traitée à bras le corps.

Un même constat de terrain au Bangladesh, au Burkina, au Libéria et en Afghanistan…
D’après nos équipes sur le terrain, plusieurs phénomènes se croisent selon les pays : au Burkina Faso : le mil, le lait et l’huile ont augmenté de 25% en 1 an. Au Bangladesh, les prix des denrées ont doublé ou quasiment doublé sur la même période. En Afghanistan, dans les zones où l’association intervient, le blé a augmenté de 70% à 100% en une année également.
Dans ces 3 pays, au phénomène de hausse mondiale du cours des denrées alimentaires s’ajoute l’impact d’une production agricole locale trop faible due notamment à des aléas climatiques. Pour exemple, les inondations puis le cyclone Sidr ont ravagé les récoltes et les stocks des paysans bangladais ; l’hiver afghan extrêmement rude cette année a poussé les familles à d’ores et déjà consommer leur stock de nourriture, la désertification et/ou les conséquences des guerres passées en Afrique de l’Ouest ont freiné la production agricole localement.
Les équipes d’Action contre la Faim sur le terrain constatent également que les habitants des villes sont souvent les plus touchés par cette hausse des prix au vu de l’envolée des prix des carburants qui augmentent encore les coûts de transport des denrées des campagnes vers les villes. Ainsi, au Liberia, si un sac de 100 noix de coco coûtait encore 6 dollars il y a quelques mois, il en coûte aujourd’hui plus de 25 dollars dans la capitale Monrovia. En outre, dans les zones urbaines, les habitants ne produisant pas de nourriture sont 100% dépendants de leurs achats pour se nourrir et donc des prix sur les étals.

A l’aube d’une situation critique pour de plus en plus de populations ?
Si la montée des prix des denrées alimentaires touche des dizaines de pays dans le monde, l’impact de cette hausse est d’autant plus prégnant dans des pays où les populations sont majoritairement très pauvres et fragilisées. Dans la majeure partie des pays dans lesquels ACF intervient les populations vulnérables vivent avec moins de 1 dollar par jour et consacrent la quasi totalité de leur budget à la nourriture : la moindre hausse de ce budget peut donc les entraîner très rapidement dans la malnutrition.
La hausse des prix est souvent citée comme une des causes de la malnutrition par les personnes bénéficiaires des programmes nutritionnels d’ACF Rappelons qu’en septembre dernier, en Birmanie, les émeutes avaient commencé suite à la hausse des prix du riz et des carburants et qu’ACF avait alors constaté le doublement des admissions des personnes malnutries sévèrement dans ses centres de nutrition thérapeutique notamment suite à cette montée des prix.


Appel à la création d’un fonds mondial de lutte contre la faim et à la réforme du système de l’aide alimentaire
Dans ce contexte, ACF est très inquiète sur l’impact de la hausse des prix sur l’insécurité alimentaire mondiale : il y a aujourd’hui 854 millions de personnes qui souffrent de la faim, que près de 5 millions d’enfants en meurent chaque année et qu’au vu des phénomènes actuels (hausse de la demande , augmentation du prix du pétrole, impact des changements climatiques, agro-carburants), ce chiffre a de fortes probabilités d’augmenter encore.
La faim est la première cause de mortalité au monde, pourtant, dans de nombreux pays, la malnutrition n’est toujours pas traité comme un problème de santé publique. ACF demande donc que, sur le modèle des fonds spéciaux créés pour lutter contre le Sida ou la Tuberculose, un fonds mondial soit dédié à la lutte contre la faim et la malnutrition. Au-delà des déclarations d’intentions faites par nombre de pays aujourd’hui, il s’agit de se donner concrètement les moyens d’enrayer le phénomène en définissant deux axes prioritaires d’intervention pour ce fonds :
- le traitement de la malnutrition pour répondre à l’urgence vitale
- la prévention de la malnutrition pour agir à plus long terme sur les causes (relance de l’agriculture localement afin que les pays pauvres largement importateurs de denrées alimentaires puissent peu à peu gagner en autosuffisance ; relance de l’économie des familles notamment dans les zones urbaines pour que les personnes les plus vulnérables aient les moyens d’acheter de la nourriture ; …)

Une aide alimentaire eu profit des plus vulnérables
Si jusqu’alors les stocks ont toujours été à peu près disponibles pour répondre aux urgences, Action contre la Faim craint que l’assistance vitale à de nombreuses populations soient remises en cause. Action contre la Faim appelle donc à ce que les pays donateurs s’engagent sur le maintien inconditionnel de ces stocks d’aide alimentaire ou des montants financiers équivalents, indifféremment de l’évolution des cours des matières premières agricoles.
Par ailleurs ACF appelle à un meilleur fonctionnement du système de l’aide alimentaire mondial fondé sur les besoins des populations et non sur des choix politiques des Etats donateurs afin que l’aide fournie soit mieux ciblée et mieux utilisée.

Rédigé par kak94

Publié dans #politique

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