sommet de Bali : enfin solidaires ?

Publié le 15 Décembre 2007

source : www.novethic.fr

A Bali, les engagements des Etats se font attendre



Illustration : A Bali, les engagements des Etats se font attendre Développement durable
 
Développement durable
Les ministres de l’environnement doivent déterminer, mercredi 12 et jeudi 13, leurs engagements pour un futur accord sur l’après Kyoto. L’enjeu est de parvenir à établir une feuille de route précise pour entamer ensuite les négociations, mais peu de décisions ont été prises jusqu’ici alors que le sommet s’achève vendredi 14 décembre.

L’inquiétude commence à poindre alors que le sommet de Bali s’achève vendredi 14. De fait, les ministres de l’environnement n’ont que deux jours pour annoncer leurs décisions, les conclusions devant être communiquées à l’issue du sommet. « Notre principal objectif est de parvenir à un engagement clair pour entamer des négociations qui aboutiront à un accord pour lutter contre le changement climatique après 2012, à l’expiration du protocole de Kyoto », a rappelé José Manuel Barroso dans une interview au site EurActiv. « 2009 doit être la date limite absolue pour cet accord, afin d’avoir suffisamment de temps pour procéder à sa ratification ». Côté pays émergents, un premier pas a été fait par la Chine, qui a proposé que les pays en développement s’engagent à adopter, dès 2012, « des politiques et des mesures de développement durable » réduisant les émissions, rapporte Greenpeace. "Mais à la condition, toutefois, que les pays industrialisés leur fournissent une aide financière et technologique », ajoute Greenpeace. Une manière de renvoyer la balle aux pays développés, qui restent eux-mêmes divisés sur les engagements à prendre. Ainsi les Etats-Unis, le Japon et le Canada ont fait pression pour qu’aucun objectif chiffré de réduction n’apparaisse sur la déclaration finale du Sommet, alors qu’un projet, rédigé par l'Indonésie, l'Afrique du Sud et l'Australie mentionnait le fait que les pays riches devraient « viser une réduction de 25 à 40% de leurs émissions de GES d'ici 2020 par rapport à 1990 ». Certes, l’objectif de Bali est avant tout de lancer un processus de négociation et non de rendre des conclusions, mais deux conditions indispensables doivent pourtant être remplies pour éviter l’échec : l’engagement des pays développés à réduire leurs émissions sur des objectifs chiffrés (30 % d’ici 2020 et 60 à 80 % d’ici 2050 par rapport à 1990) et l’engagement des pays en développement à faire plus d’efforts, sans objectifs contraignants cependant, pour des raisons d’équité. 

Adaptation et déforestation

Parmi les avancées de Bali, deux grands chantiers semblent démarrer. Pour l’adaptation des pays pauvres aux modifications du climat, des financements pourraient être débloqués grâce à l’activation du fonds prévu par le protocole de Kyoto, destiné à les aider à faire face aux conséquences économiques et sociales des changements climatiques. Leurs montants restent largement en deçà des besoins, puisque selon un rapport du PNUD, les pays développés devraient accroître leur effort à hauteur de 86 milliards de dollars d’ici 2016, aujourd’hui les sommes prévues s’élèvent à 220 millions.
Deuxième axe : la création d’un mécanisme de compensation des émissions de CO2 évitées par les politiques de lutte contre la déforestation. 18 à 20 % des émissions mondiales de GES proviennent de la déforestation et un consensus semble se dessiner sur la nécessité de compenser, financièrement, les politiques permettant de la réduire. Le marché potentiel de ces crédits carbone atteindrait ainsi entre 2,3 et 23 milliards de dollars par an, selon le Centre international de recherche forestière (Cifor).Toutefois, les modalités de mise en œuvre posent non seulement de nombreux problèmes techniques, mais également de gouvernance. Les risques de « triche » sont évoqués, qui consisterait à recevoir de l'argent pour une zone non coupée tout en défrichant ailleurs. Par ailleurs, dans beaucoup de forêts du monde, les titres de propriété ne sont pas clairement établis et ne permettent pas de définir précisément qui doit être rémunéré.  Enfin, ces forêts étant également peuplées de communautés indigènes qui en dépendent pour vivre, quelle sera leur place dans ce processus de rémunération ? Plusieurs représentants de peuples autochtones rejettent l’idée d’un tel mécanisme, qui les priverait selon eux de leurs droits. Pour l’heure, des projets pilote pourraient être mis en place afin d’expérimenter ce nouveau système de compensation carbone. La Banque mondiale a d’ores et déjà annoncé le lancement d’un « Fonds de partenariat pour le carbone forestier » (FCPF) visant à compenser financièrement la déforestation évitée. Sept pays développés ont promis d’y contribuer pour un montant total de 155 millions de dollars : l'Allemagne (59 millions), le Royaume-Uni (30 millions), les Pays-Bas (22 millions), l'Australie et le Japon (10 millions chacun), la France et la Suisse (7 millions chacune), le Danemark et la Finlande (5 millions chacun).



Véronique Smée
Mis en ligne le : 11/12/2007

Rédigé par kak94

Repost 0
Commenter cet article