Texte fédérateur du Collectif 76 des salariés du secteur social et médico-social

Publié le 27 Août 2007

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lundi 22 janvier 2007

Face aux diverses attaques du gouvernement contre le secteur social et médico-social tant au niveau des budgets que des outils de travail et des conditions d’exercice, des salariés de différentes structures de Seine Maritime ont décidé de se regrouper et de fonder un collectif : le collectif 76.

Ce collectif fait un certain nombre de constats qui touchent aussi bien les salariés du secteur public que privé :

· Nous travaillons dans un secteur hétérogène et disparate ou les liens entre les salariés appartenant à différentes structures sont peu nombreux. · Nos activités professionnelles deviennent de plus en plus difficiles à mener étant donné le contexte des politiques sociales actuelles privilégiant l’aspect économique au détriment d’un travail de qualité. · Nous avons besoin de concertation et de réflexion afin de confronter nos réalités, de défendre nos pratiques, notre professionnalisme et notre conception du travail social et medico-social. Nous, professionnels appartenant au collectif 76, refusons l’instrumentalisation du travail social subordonnée à la simple logique financière. Nous insistons sur la nécessité de la prise en compte de la réalité sociale et humaine des personnes avec lesquelles nous travaillons. Nous, professionnels du secteur social et médico-social avons des choses à dire sur les orientations à mettre en œuvre afin de répondre au mieux aux problématiques que nous rencontrons sur le terrain. A partir de nos expériences, de nos pratiques professionnelles spécifiques, de notre connaissance des personnes, de leurs réalités et de leurs histoires, nous sommes bien placés pour participer à une réflexion digne de ce nom ayant pour objet la mise en place de réponses adaptées.

Nous exigeons d’avoir une place dans l’élaboration des politiques sociales et de santé. Au lieu de cela, nous sommes confrontés à un manque de respect allant jusqu’à la négation de nos savoirs-faire professionnels.

Nous dénonçons :

La marchandisation du travail social : · Les évaluations de nos actions n’ayant comme seuls critères la rentabilité et la productivité. · Le tout insertion économique, la politique actuelle de " casage à tout prix " . L’action sociale se limite de plus en plus au strict retour à l’emploi. · La mise en concurrence des différents services, qu’ils soient privés ou publics. · La dérive libérale des politiques sociales et son cortège de démantèlements de services qui pourtant ont prouvé le bien-fondé de leur existence. . (L’exemple de la décentralisation des services de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.) · La logique de rentabilité obligeant à une course aux subventions. · Les priorités gouvernementales en matière de soins(auquelles les établissements sont soumis pour l’obtention des budgets) et qui le sont au dépend d’autres pathologies. · La politique de vitrine qui implique de "déshabiller Pierre pour habiller Paul" : priorité aux adolescents suicidaires (ça dérange) mais au dépend des centres de soins pour adolecents obèses,boulimiques ou ashmatiques. · Les décisions prises par des politiques, des économistes et non par le corps médical.

Nous dénonçons toute idéologie reposant sur la stigmatisation des personnes et la ségrégation , sur une logique de tri entre " les bons et les mauvais " pauvres, entre les ayants droit " méritants "et " les profiteurs. "·

La mise à l’écart des handicapés, des vieux et "surnuméraires" dictée par la politique de rentabilité à l’ordre du jour dans nos secteurs. · La criminalisation des pauvres, des précaires, des jeunes et des étrangers. · La répression comme solution miracle et la politique d’enfermement " des sauvageons. " · Le rôle des travailleurs sociaux limité au contrôle des populations pauvres et marginalisées. · la politique à cour terme qui fait disparaitre toute notion et possibilité de prévention. Nous dénonçons la dégradation de nos conditions de travail : · Non-remplacement, postes laissés vacants, précarité des contrats de travail, bricolage dans la gestion des actions et des personnels, remise en cause de la RTT, manque de moyens et obligation de travailler dans l’urgence.

Nous refusons toute tentative de revenir sur :

· nos statuts sauf à les améliorer. · nos conventions collectives lorsqu’elles existent. · des conditions de travail permettant un travail de qualité. · le droit à la formation pour tout salarié le désirant et son remplacement pendant ce temps.

Le collectif est un lieu d’échange, de réflexion et d’information :

Nous souhaitons lutter au sein du collectif pour que d’autres valeurs soient mises en avant que celles proposées actuellement par ceux qui nous dirigent qui ont pour conséquences désastreuses l’augmentation de la pauvreté, de la souffrance et des troubles psychiques. Pour cela le collectif doit être · un outil de réflexion, d’information et de propositions destiné à l’ensemble des acteurs du secteur social et médico-social. · Un espace permettant d’échanger, sur nos pratiques, nos conditions de travail, notre "éthique, · Un lieu pour mieux comprendre nos conventions, l’utilisation de nos budgets, et les textes législatifs. La démarche de réflexion qu’il propose et une démarche militante : une réflexion nécessaire pour défendre nos revendications et lutter pour construire des réponses adaptées et réfléchies. Le collectif se veut également un outil d’information destiné aux salariés et aux structures attaquées.

Le collectif est un instrument de lutte, de défense et de mobilisation :

Le collectif veut être un espace qui, saisi par les salariés doit permette de réagir collectivement et énergiquement aux conséquences d’une seule et même politique anti-sociale. Il doit nous permettre d’avoir meilleure lecture de ce qu’est notre secteur aujourd’hui et de ce que nous voulons qu’il soit demain. Il est un instrument de rassemblement, et permet la création d’un rapport de force plus que jamais nécessaire à la défense de nos outils de travail. Membres du collectif nous nous mobilisons : · Pour proposer une alternative à chacune ds mesures et des lois qui entrainent l’exclusion et la ségrégations sociale · Pour que des moyens financiers décents soient accordés par les différentes tutelles afin de pérenniser les actions ayant fait leurs preuves et développer des réponses adaptées aux nouvelles réalités sociales. · Pour le rattachement de toute structure à une convention collective. · Pour que l’Etat stoppe son désengagement actuel et qu’il donne les moyens nécessaires à l’amélioration d’un service public de qualité garant de l’égalité des chances pour tous et partout. D’accord ou pas d’accord, nos directions, nos tutelles, nos financeurs doivent mettre en place la politique intolérable prônée par le libéralisme. Nous, salariés travailleurs sociaux, participons au collectif 76 en tant que salariés et non pas en tant que représentants d’une structure. Nous ne sommes pas solidaires des orientations choisies par nos directions lorsqu’elles adhèrent à cette logique marchande. Nous ne sommes ni les garants de la paix sociale, ni les agents de contrôle des pauvres, ni des pantins exécutants de politiques désastreuses. Nous ne devons pas avoir honte de défendre nos emplois, nos missions, nos statuts, la qualité de nos prestations. C’est en les défendant dès aujourd’hui que nous lutterons contre une politique réactionnaire dont les premières victimes sont évidemment les personnes auprès desquelles nous travaillons. Le collectif 76 ne cherche pas à se substituer aux syndicats, il entend regrouper des salariés syndiqués ou non-syndiqués. Si les idées développées dans ce texte rejoignent vos préoccupations, rejoignez-nous ou écrivez-nous ! Réunion chaque mercredi à 18 h maison des associations rue Dumont D’Urville 76.000 Rouen adresse mail : 76.collectif @la poste.net site internet www.collectif76.ouvaton.org

Colllectif76 des salariés du secteur social et médico-social : Des salariés d’organismes privés et publics travaillant dans les champs de l’insertion sociale, de l’hébergement, de l’insertion professionnelle, de l’A.E.M.O. de la santé, du handicap…

source : http://www.abri.org/antidelation/Notre-plateforme

Rédigé par kak94

Publié dans #observatoirecitoyen

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