Corridors humanitaires au Darfour: un défi logistique considérable

Publié le 31 Mai 2007

 
Carte du Darfour (© AFP/Infographie)
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PARIS (AFP) - Paris dispose de moyens militaires en Afrique centrale mais le défi logistique représenté par la sécurisation de "corridors humanitaires" pour aider les populations de la province soudanaise du Darfour serait considérable, selon des experts proches du ministère de la Défense.
Les pays du G8 se sont dit prêts mercredi à examiner l'idée française de tels "corridors", selon le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui a fait du Darfour sa "priorité".

"Le Darfour (ouest du Soudan) est à peu près grand comme la France, compte 130 camps de réfugiés, 1,5 millions de personnes déplacées auxquelles viennent en aide quelque 10.000 humanitaires des organisations non gouvernementales" (ONG), relève un expert, pour "donner la mesure du problème".

"Déjà en temps normal, compte tenu de l'état des pistes, il faut une journée pour parcourir 100 km en véhicule tout terrain mais nous entrons dans la saison des pluies et pendant trois mois, certaines régions ne seront plus accessibles que par avion ou hélicoptère", souligne-t-il.

Selon un autre spécialiste, "l'urgence humanitaire concerne une région du sud-est du Darfour où sont réfugiées 150.000 personnes qui n'ont pas été atteintes par les ONG et pourraient effectivement bénéficier d'un corridor humanitaire".

Mais l'éloignement reste une contrainte majeure. Le Darfour est à 4.500 km de l'Europe, un millier de la capitale tchadienne N'Djamena, où sont stationnés un peu plus de 1.000 soldats français dans le cadre de l'opération "Epervier", et 200 km de Abéché, où la France compte un détachement de 150 militaires.

Le Darfour ne dispose, selon les experts, que d'une demi-douzaine de pistes d'atterrissage praticables pour des avions chargés de ravitaillement.

Dans ces conditions, "seule une opération multinationale ou européenne" serait envisageable.

Interrogé par l'AFP, l'état-major des armées indique que les soldats français déployés au Tchad -- lui-même confronté à des rébellions qu'il accuse les autorités soudanaises de soutenir -- apportent déjà un soutien logistique à la force de maintien de la paix de l'Union africaine (Amis) au Darfour.

A Abéché, ce soutien s'exerce au profit d'un poste de commandement de secteur et des observateurs de l'Amis chargés de veiller sur le cessez-le-feu au Darfour. Toujours selon l'état-major, cette aide s'étend aux domaines de la santé, de l'hébergement, des transports, etc.

L'an dernier, la France a fourni du carburant pour un montant de 1,2 millions d’euros à l'Amis, assurant aussi le transport aérien de munitions et de contingents sénégalais et gambiens.

Les soldats français prêtent aussi main-forte aux ONG actives au Darfour et au Tchad. Depuis 2004, quelque 700 tonnes de fret ont été acheminées par un pont aérien à leur profit.

Une vingtaine de militaires français sont par ailleurs insérés dans les rangs de l'Amis, au Soudan, au Tchad ou en Ethiopie.

Cantonnée à un rôle d'observateur, cette force de 7.000 militaires de 25 pays africains, appuyée par l'Union Européenne, l'OTAN et l'ONU, est "démotivée et sous-équipée", souligne cependant un expert.

Le conflit qui oppose depuis février 2003 l'armée soudanaise et les milices janjawids d'un côté et des groupes rebelles de l'autre a fait plus de 200.000 morts, victimes de la guerre civile mais aussi de la faim et des maladies, et 2 millions de déplacés, selon l'ONU.
Publié le: 31/05/2007 à 11:31:23 GMT Source : AFP

Rédigé par Aicha Karima Kouidri

Publié dans #observatoirecitoyen

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elgreco 02/06/2007 11:51

bravo pour cet article!Ce couloir de la PAIx et de la Survie est un espoir en souhaitant que Kouchner ne foute pas la pagaille! @micalement