Les organisations initiatrices de la campagne Stop paradis fiscaux
accueillent favorablement la publication, au Journal officiel du mardi 6
octobre, de l’arrêté ministériel imposant aux banques françaises
davantage de transparence sur leurs activités dans certains paradis fiscaux.
Dorénavant, les établissements de crédit devront publier en annexe de
leurs comptes annuels la liste de leurs implantations dans certains paradis
fiscaux et la nature des activités qu'elles y mènent.
Si cette mesure constitue une première brèche dans le mur d’opacité qui
entoure l’activité des banques dans les paradis fiscaux, elle est pourtant
loin de pouvoir l’ébranler. Les banques n’auront en effet à dévoiler
leurs activités que dans les territoires n’ayant pas signé de convention
fiscale avec la France, ce qui exclue d’emblée Monaco, Andorre,
Luxembourg, les îles anglo-normandes pour ne citer que ceux-là!
Il en va de même pour l’annonce de l’engagement des établissements
bancaires français à fermer leurs filiales et succursales implantées dans
les pays figurant sur la liste «grise » des paradis fiscaux à partir de
mars 2010.
Cet engagement se base sur une liste qui se vide rapidement de son contenu et
de son sens.
Les initiateurs de la campagne Stop paradis fiscaux, rejoints depuis 15 jours
par plus de 6000 citoyens, élus et militants syndicaux, restent donc plus
que jamais mobilisés pour que la société française se saisisse de cet
enjeu et pour que des mesures réellement efficaces soient prises pour en
finir définitivement avec les paradis fiscaux.
L’équipe de la campagne Stopparadisfiscaux
De l'affaire Jean Sarkozy.
C'est une puissante et maintenant parasitaire indignation qui me pousse à écrire cette lettre. Je n'aime pas l'indignation, elle nous donne l'air boursouflé de singes rougeauds battant des bras pour le respect qu'on leur doit. Il n'est donc pas glorieux d'être indigné, mais il est nécessaire d'être respecté. Car, le plus furieusement agaçant dans cette histoire banale, c'est qu'on nous prend pour des cons, et au delà, on ne nous respecte pas. On ne respecte pas notre intégrité et notre volonté de meilleur.
Observons !
Qu'un père en place, place son fils à une position enviée est d'un banal achevé. Dans tous les coins du monde, pour peu qu'on y connaisse la lumière, les pères aident leurs fils. Malgré tout, nous nous indignons, nous crions au favoritisme. C'est vrai, c'est odieux, le favoritisme. Mais que le père qui n'a jamais favorisé son fils, jette la première pierre à Jean S. Le favoritisme est républiquement insupportable, mais françaisement plus que pratiqué (et pardon pour ces deux néologismes calamiteux), la preuve c'est que nous savons pratiquer aussi son opposé, la discrimination. N'y a t-il personne en France, chez les prolos, les cadres, les journalistes, les patrons, les artistes, qui n'ait jamais cédé à la tentation de l'un ou de l'autre ? Franchement. Naturellement, nous pensons qu'un président de la république française est au dessus de cela, et qu'il est un exemple à suivre, tel un lider maximo à la française. Cela ne serait-il pas une illusion ? Un rêve de république française ?
Dans tous les cas, je ne vois pas là de quoi soulever un peuple. Les français pètent leurs idéaux plus haut que leur cul. Ils ne sont pas à la hauteur de leur réputation. D'ailleurs, nous nous contentons de soulever les bras, tandis que d'autres applaudissent.
Qu'un jeune homme de 23 ans, à peine achevé et formé, accède à un poste qui, de première évidence, le dépasse, ne peut mériter qu'une indignation mesurée. Combien de génies avons-nous repoussés sur le simple motif qu'ils étaient jeunes et un peu dilettantes ? Bien sûr, l'argument contraire est recevable. Combien avons-nous évités d'incapables ? Soit. Mais si cela frise tant les nerfs des français qu'un fils de président glisse là où ils ont toujours ramé, se pourrait-il que ce soit le fait d'une pointe de jalousie chafouine ? Bien sûr, cela fait grincer les dents et toute la jeunesse de 20 à 30 ans est en droit d'attendre désormais la même considération bienveillante de tout employeur. Mais en dehors d'une indignation légitime qui nous saisit, nous ne voyons pas là de quoi soulever un peuple. Nous nous contentons de soulever les bras tandis que d'autres applaudissent.
Mais qu'On (On, ici, désigne les volontés agissantes dans l'exercice du pouvoir politique et médiatique) nous explique que ce jeune homme, fils du président en place, ait atteint ce poste à la seule force de sa volonté et grâce à l'unanimité d'un collège électoral parfaitement neutre qui voit en lui l'homme de la situation, est une insulte à notre intégrité. Cela fait de nous des complices d'un mensonge. Cela nous place dans la situation de celui qui a vu un crime et qui affirme le contraire. Nous devenons ceux qui l'ont élus, puisque nous ne remettons pas en cause, grâce aux médias, les receleurs de l'opinion, le principe même de ce que nous croyons être une démocratie : la voix triomphante de l'élection à la majorité. Or, je dis que je ne crois pas à la démocratie dans ce cas. Au regard des deux précédents paragraphes, il est inutile d'essayer de me faire croire que cette majorité est pure de tout soupçon de complaisance. Et là, je trouve qu'il y a de quoi soulever un peuple. Car, si la majorité suffit pour être élu, elle ne suffit pas pour la véritable démocratie car elle doit aussi être exempte de toute influence.
Et, en cela réside l'insulte faite au peuple. Bafouer un système démocratique en lequel nous nous acharnons de croire est une chose grave. C'est un mensonge qui remet en doute tout ce à quoi il nous est indispensable d'adhérer dans l'élaboration d'une société juste et progressiste. C'est une démocratie maquillée comme une voiture volée que l'on nous somme de cautionner. C'est un manque de respect manifeste, une attitude méprisante pour la foule invisible que nous sommes. Naturellement, cela n'est pas nouveau ! Mais c'est cela qui est insupportable ! Et c'est pourtant ce qu'il nous faut, puisque nous ne voyons pas là de quoi soulever un peuple. Nous nous contentons de soulever les bras. Les autres n'ont pas fini d'applaudir.
Dor Dryagar
ps : Pardon pour le sujet hors sujet de l'article.