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Texte Libre

De passage à Paris en 2003, j'ai pu rencontrer cet autre témoin du génocide du Rwanda :

Témoignage n° 2

 

L'avant génocide…  

 

Vous vous rendez compte que vous posez cette question à un congolais et non pas à un rwandais et même si nous sommes vraiment proche, il n'y a qu'un lac qui nous sépare, nous avons toujours vécu nos positions politiques différemment.  

 

Je sais que lorsque les blancs sont arrivés au Rwanda, ils ont rencontrés les Tutsis qui étaient les maîtres. Ils étaient organisés politiquement. Il y avait le roi, les princes, les notables. Le pays était partagé entre ces princes et ces notables. Quelques Hutus avaient un rôle de notable.

Quand les blancs sont arrivés, ils ont travaillé avec les Tutsis. Mais les blancs ont essayé de promouvoir tout le monde, puisqu'ils ont permis à des Hutus d'accéder à des écoles tenues par des missionnaires. Le tout premier d'ailleurs qui prendra le pouvoir aux Tutsis est un Hutu, Kayibanda. Mais les Hutus vont vouloir prendre les rennes du pays. Il y arriveront en 1962 et les Tutsis partiront du pays, se réfugier dans les pays voisins (Congo, Ouganda, Tanzanie et Europe aussi pour certains). Les missionnaires ont été accusé par les Tutsis d'avoir favorisé les Hutus auprès de la colonie à leur dépend et de les monter les uns contre les autres.

 

Les Hutus, par Kayibanda puis Habyarimana garderont le pouvoir très longtemps. Habyarimana, très proche de Mobutu (ils se considéraient comme des frères) a beaucoup travaillé avec lui, rendant le Congo proche du Rwanda. Les Tutsis, de là où ils étaient, se sont préparés à la reprise de leur pays. Même les Hutus qui étaient dans le pays n'en avait pas conscience. Mais, trente ans plus tard, les Tutsis reviennent prendre leur pays. Ils ont renforcé leur politique, leurs moyens économiques, ont tissé des relations avant d'envisager la reprise du pouvoir. Et c'est en 1994, avec la mort d' Habyarimana que se déclenche la prise du pays en tant que telle, même si elle était amorcée depuis 1990 et que commence le génocide.

 

J'étais à Bukavu quand les premiers réfugiés Tutsis sont arrivés, et à l'annonce de la prise du pays par le FPR, ils sont rentrés chez eux dés le mois de juin. Et en juillet arrive alors la grande avalanche de réfugiés Hutus, parce qu'ils étaient plus nombreux dans le pays. Avec eux arrivent leurs militaires. Beaucoup de gens avaient pris la direction du nord du pays et devaient arriver par Goma. D’autres, ont pris l’ouest et ont abouti à Bukavu.  

 

 

Au début, Il n'y avait aucune collaboration entre les différents acteurs, (la turquoise, le HCR, les autorités de Bukavu). Même au niveau de l'aéroport, à Bukavu, alors que le personnel local était présent, ils n'étaient pas chargé du placement des avions ou de leurs déchargement, ils étaient spectateurs et personne ne leurs demandaient de collaborer. Depuis Kinshasa, Mobutu dirigeait les opérations. Les réfugiés à Bukavu étaient pris en charge par la Croix Rouge et d’autres organismes dont Caritas. Avant le génocide, Caritas avait un petit bureau dans notre agence de développement, mais dés que les réfugiés sont arrivés la structure a grandi. C'est Mgr Munzirhiwa qui a mis à leur disposition une grande maison, afin que nous puissions organiser les secours. Caritas Espagne est venue aussi se joindre à nous. Aujourd'hui Caritas Espagne qui est toujours là, a construit un  immeuble et continue l’assistance.

 

 Mais quand les réfugiés sont arrivés, on a dû aller voir le gouverneur pour obtenir des endroits pour faire des "sit-in" pour eux. Nous n'imaginions pas encore le nombre qu'ils allaient représenter. Nous pensions réquisitionner une école par ci, une salle par là. Mais au fil des jours nous avons vite été envahi et les réfugiés se sont retrouvés partout dans les rues, tout était plein.

 

De la frontière à l'évêché il y a trois kilomètres. Les gens logèrent de part et d’autre de la route. Ils  voulaient rentrer partout. Cette situation a durée prés d'un mois, en attendant que les organismes qui s’occupent des réfugiés n'arrivent et que les camps soient installés.

 

Les prêtres, religieux et religieuses Rwandais Hutus étaient venus avec la population.

Les prêtres rwandais ont été dispachés ensuite par camp, afin d'être présent à leurs frères.

 

Chaque camp quasiment avait son prêtre. Les religieux et religieuses ont pu louer ou récupérer des maisons du diocèse ou en ville. Les sœurs se sont beaucoup plus vite organisées et mieux que les religieux. Leur capacité à vivre l'internationalité dans leur communauté a beaucoup joué dans leur adaptation. Les frères ont été envoyés vers les écoles où ont leur a demandé de prendre en charge certaines choses. Les laïcs étaient pris en charge par Caritas International et d’autres organismes.

 

Certains civils ont rejoint les paysans et ont travaillé avec eux aux champs, se procurant ainsi quelque chose en plus à manger. Les fonctionnaires qui sont arrivés avec les réfugiés, une fois leur argent épuisé a du aller rejoindre les camps. Mais les camps se sont réorganisés comme si c'était au Rwanda. Un commerce s'est développe, on pouvait y acheter des pièces détachés entre autre choses. Mais les camps restaient des endroits d'insécurité et d’insalubrité.

 

Les camps ont duré deux ans. Beaucoup de gens sont morts, il y a eu beaucoup de malades. Les familles séparées étaient toujours à la recherche d'un de leurs membres. Beaucoup d'entre elles ont refusé de rentrer plus tard au Rwanda car elles voulaient avant tout retrouver leur proches et avaient peur d’être arrêtés.

 

Il y a eu beaucoup de génocides à l'encontre des Tutsis, mais il faut dire qu'il y en a eu aussi à l'encontre des Hutus. Surtout décimés dans les forêts du Zaïre, à plusieurs endroits, mais ceux-là on en parle moins.

 

De plus aujourd'hui les Hutus qui sont au Congo (le pouvoir qui est en place est celui de Kigali c'est celui qui fait alliance avec les rebelles) ne se montrent plus. Ils sont en pleine  clandestinité.

 

Il est donc très difficile d'imaginer un rapprochement entre les deux peuples. Même si d'un point de vue général, ils laissent penser le contraire, mais se font-ils assez confiance mutuellement pour essayer de passer à autre chose ? D'un point de vue individuel, les choses semblent moins évidentes. Ce qui se comprend humainement. Il y a des familles qui ne sont pas prêtes à pardonner. Mais peut-on continuer à vivre ainsi ? Petit à petit, c'est la question qui devient commune aux Hutus et aux Tutsis. Ils se disent qu'on ne peut pas continuer à vivre ainsi. C'est ce qui commence à se dire. Mais moi je n'ai qu'une solution spirituelle à proposer aux gens. Qu'ils recommencent à s'aimer malgré tout !

 Mais quelle action mettre en face de cet idéal ?

Vraiment c'est une question à laquelle je n'ai pas pensé, en plus vous êtes la seule à me la poser !! Il n'y a que l'aspect religieux, qui tient compte de l'humain et de la vie qui doit continuer. Il ne faut pas que l'on anéantisse la vie des enfants qui sont en train de naître.

  La communauté internationale à un rôle important à jouer car elle peut influencer les acteurs politiques, pour les amener petit à petit à une entente. Amener les politiques à apprendre à leurs populations d'accueillir les réfugiés quand ils rentrent  au pays, mettre sur pied des moyens financiers pour fournir une aide réelle au retour et à la réinstallation. Lorsque les Tutsis sont rentrés par exemple, il y a des organismes qui se sont investis dans la construction de villages pour les accueillir à leur retour. Nous pourrions imaginer la même chose pour les Hutus qui rentrent. Bien sûr ils sont plus nombreux, mais les ONG et autres organisations internationales pourraient aider les réfugiés en ce sens, même si l’accusation de génocide pèse sur leurs personnes.

Quant à l'église catholique, on peut dire qu'au Rwanda, elle est accusée pour avoir soit disant, favorisée les génocidaires. Même si on ne la persécute pas ouvertement, elle n'est pas en bonne posture. Du même coup, l’Islam commence à gagner du terrain car il n'a pas participé au génocide à Kigali . Mais l'image qu’à l'église catholique aujourd'hui, fait qu'elle n'est plus proche du pouvoir comme au paravant. Bien au contraire.

De plus par les nombreux massacres qui ont eu lieu dans les églises pose d’autres questions.

Il y avait par exemple un jour des Tutsis qui se sont réfugiés dans une église et les Hutus sont venus avec des rouleaux compresseurs et ont écrasé toutes les personnes qui s'y trouvaient. Le prêtre responsable du lieu à été envoyé à l'autre bout du diocèse, car il a été accusé d'avoir participé au génocide. Mais c'est un homme brisé, plein de cauchemar et ne trouvant plus le sommeil après le massacre dont il avait été témoin qui a été reçu par ses paires.

 

 

Dans une autre situation, des personnes ont voulu se réfugier de force dans une église. L'abbé les a informé du danger que cela représentait pour eux de rester là, mais ils n'ont pas voulu partir. Les milices sont arrivées et ont voulu les massacrer. L'abbé est intervenu en négociant la vie de ces personnes avec les milices. Il leur a donné une très forte somme d'argent pour qu'ils soient  épargnés. Tenté par l'argent, les miliciens sont partis. Mais le lendemain, ils sont revenus pour en finir avec les réfugiés. Et là l'abbé (hutu lui même) n'avait plus rien à leur offrir et n'a pu empêcher leur massacre. Et de là, il a été accusé d’être génocidaire. Il est possible qu'il y ait eu des prêtres qui aient participé d'une manière ou d'une autre à des actes, mais ce n'est pas une généralité et quand vous dénoncez, vous voyez les mécanismes qui peuvent se mettrent en marche. C'est pour cela que chaque situation doit être examiné au cas par cas pour voir ce qui s'est vraiment passé, comment sont né les accusations envers les prêtres, les religieux et les religieuses.  

 

Pour conclure sur la participation de l'église, on peut dire qu'elle n'a pas monté d'opposition jusqu'à participer au génocide. Elle a par contre participé au pouvoir. Par exemple, lorsque Mobutu accède au pouvoir, il est bien accueilli par l'épiscopat de son pays (48 évêques). Puis l'épiscopat a pris conscience qu'il devenait dangereux pour eux. Mobutu voulait introduire le parti dans le grand séminaire. Les évêques s'y sont opposés. Ils ont pu lui  tenir tête car c'était un grand épiscopat d'une part et parce qu'il était solide (malgré les quelques uns qui sont allés trop loin dans leur amitié avec lui, par ses largesses et cadeaux et qui auraient aimé changer la tendance de l'intérieur à son égard).

 

Et je finirai sur la grande figure que représentait Mgr Munzirhiwa. C'était un homme qui ne supportait pas l'injustice (surtout chez les gouvernants), qui n'avait pas peur de dénoncer les situations. C'était un homme bâti dans la foi, soutenu par une forme d'érudition. Cultivé, il avait une formation en sciences politiques et sociales, qui lui a donné une grande connaissance du monde politique. Il a su concilier ses connaissances avec son ministère.

 source photo : http://www.sftext.com/transatlantique/munzihirwa.jpg

 

No child soldier

4 mn 36 s - 8 oct. 2006
Classement moyen:   (2 évaluations)
Description : Pour aider des ong à sortir des enfants de la guerre. Cobtre les enfants soldats, en Afrique et ailleurs dans le monde

source photo : http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/africa/714025.stm

J'ai eu l'occasion de rencontrer des témoins du génocide du Rwanda.

J'avais à l'époque axée ma recherche sur le rôle de l'Eglise au coeur de ce conflit.

Je vous partage donc ces experiences sous forme de trois témoignages.

J'avais été trés marquée par les conditions dans lesquelles le témoin, que nous appellerons N°3, m'avait reçu. Volets fermés, lumière faiblarde au dessus d'une table, et sans cesse ces paroles : Dites leur... faites leur savoir..

Témoignage n°3

 

J'ai été à Bukavu, chef lieu de la province, du sud Kivu, qui était la capitale de la grande province du Kivu dans le temps. En 1988, Mobutu a procédé à ce qu'il a appelé le "découpage test"de la grande province du Kivu, pour plus de décentralisation, mais en fait, cela était pour fragiliser cette province. A l'époque il craignait l'élite qui venait de cette province de l'Est et qui se retrouvaient à Kinshasa, car il y avait une forte résistance contre lui. Et cela était dicté par un certain nombre de personnes faisant partie de l’élite, issue de la province elle-même, qui voulaient  beaucoup plus d'autonomie par rapport au sud Kivu. Le nord du Kivu était en grande partie peuplé par des Tutsis, de nationalité congolaise. On a ainsi découpé la province en trois parties et Bukavu est resté le chef-lieu du sud Kivu. Goma, capitale de la province du Nord- Kivu, et Kindu un peu plus à l'Ouest, la capitale du Maniema. Il y a toujours eu des problèmes et des échanges entre le Rwanda et le Zaïre à cause du lac Kivu. Il y a eu beaucoup de migrations entre les peuples rwandais et les peuples du Zaïre, au point que quand il y a eu des problèmes en 1959, avant l'indépendance,  ce sont les Hutus qui ont chassé les Tutsis. C’est le parti Parmehutu qui, avec Kayibanda, prend le pouvoir en 1962. Ce nouveau président radicaliste, à la limite extrémiste, ne voulait pas entendre parler des Tutsis.  Du coup, bon nombre de Tutsis se sont exilés en Tanzanie, un grand nombre est parti vers le Zaïre et l'Ouganda. Et c'est ce qui va constituer le maquis du FPR ( Front Patriotique Rwandais) qui a tenté à plusieurs reprises de retourner vers le Rwanda, mais sans succès. En 1972, on va procéder au changement du pouvoir, parce que certains Hutus et même des Tutsis, considéraient que Kayibanda était trop radicaliste. C'est ce qui va conduire en 1973, le général Habyarimana au pouvoir par un coup de putsch. Il va essayer de développer le pays, qui deviendra dans les années 1990 un des pays d'Afrique noire les plus modernisés. La situation économique était plus ou moins correcte, les communications dans le pays fonctionnaient relativement bien et le réseau routier principal prenait forme avec des routes asphaltées et l'autosuffisance alimentaire était assurée alors que le Rwanda était un pays pauvre, qui n'avait pas de potentialité. En 1990, le FPR attaque car Habyarimana avait mis en place un parti unique ( le MNRD). L'armée gouvernementale, à ce moment là, était constituée de 4000 hommes. Ce qui fait prendre conscience à Habyarimana qu'il a tout misé sur le développement et laissé de coté la défense du pays. C'est alors qu'il comprend la nécessité d'éluder des stratégies pour son pays. Il décide alors de gonfler ses contingents militaires qui atteindront 40 000 hommes, au moment du génocide en 1994. La guerre venait maintenant de l'Ouganda, au nord du Rwanda avec la bénédiction de Musévéni, lui-même ancien maquisard. et le chef des maquisards rwandais Paul Kagame qui a pris le pouvoir tout récemment après la démission forcée du Hutu Pasteur Bizimungu. Kagame avait aidé Museveni à prendre le pouvoir en Ouganda. En retour, Museveni les aidera à prendre le pouvoir à Kigali.

Mais à l’époque, il faut tenir compte de l'environnement international. On est encore en pleine guerre froide. Et à cette époque, le grand rempart des occidentaux en Afrique centrale, c'est Mobutu. Lui et Habyarimana à cette époque s'appellent des "frères" et sont, plus ou moins dans le giron français sous François Mitterrand surtout. Et Habyarimana se sentait sécurisé par la présence de Mobutu. Ce fut un coup dur pour lui quand avant de se rendre à Arusha, il est passé voir Mobutu à Gbadolite (ville que Mobutu s’était construite chez lui) pour qu'il se joigne à lui. Visiblement averti, Mobutu ne l'accompagne pas, ce qui éveille des soupçons chez lui et il pense que quelque chose se trame. Voilà donc un homme qui a passé son temps à vouloir  le développement de son pays, mais il lui a aussi été fait le reproche d'axer son pouvoir sur des paramètres qui étaient de nature à alimenter les oppositions et à entretenir la haine contre lui.

Par rapport à son prédécesseur, qui était extrémiste, radicaliste, lui aussi était méfiant avec les Tutsis même s'il ne nourrissait pas le même extrémisme. L'opposition régionale entre les Hutus du nord et du sud, ( lui était issu du  nord) était apparue au grand jour. On dit que sa femme a eu un rôle dans les relations qu'elle avait dans l'entretien d'une élite et pratiquait un néo-patrimonialisme, une sorte de gestion familiale (Akazu en Kinyarwanda).

En 1990 la guerre civile éclate. Mobutu envoie alors à Habyarimana sa division spéciale présidentielle pour le secourir et grâce à cela il pourra repousser l'attaque qui vient du nord de l'Ouganda. et cela jusqu'en 1994. Ils vont aller de négociations en négociations (Gbadolite I , II et III, Arusha I, II ….) et cela jusqu'au 6 avril1994 quand il revient d'Arusha et que l'on tire sur son avion.

Il décède avec le président Burundais qui l'accompagnait et son chef d'état-major.

  

Dés le lendemain le génocide avait lieu. Je me trouvais à l’Archevêché et à ce moment, l’Archevêque m’a demandé d’aider à l'accueil des premiers réfugiés. La première vague qui arrive est constituée de Tutsis. Nous les avons accueillis à l'Est, comme nous accueillerons plus tard les Hutus  après leur défaite. Nous avons sensibilisé l’Eglise, pour que nos paroissiens acceptent de participer et d’accueillir ces Tutsis malgré les mauvais défavorables sur ce groupe ethnique dans la région. Ceci durera jusqu'en juillet, quand le FPR  gagnera la guerre en chassant l’armée constituée de génocidaires et de miliciens de Kigali. Et c'est à ce moment là que nous, nous avons accueilli un flux de plus de 8000 réfugiés sur l'esplanade de notre cathédrale. Dans toute la province du sud Kivu, nous avons accueilli plus de 450 000 réfugiés.

Les besoins en denrées alimentaires étaient alors six fois supérieures aux denrées disponibles dans la région. Nous étions mal gérés, il n'y avait pas de routes pour écouler les produits. Il y avait aussi une forte désarticulation entre les villes et les campagnes.  

Les humanitaires ensuite sont arrivés. Leur arrivée à eu des conséquences sur l'environnement de la région. En effet, avec leurs poids lourds ils ont démoli le bout de routes qui restaient. Toute la vie aussi a été dollarisée. Il fallait acheter en dollars, il n'y avait plus que le dollar qui circulait En plus, les rwandais sont des personnes qui ont une culture alimentaire bien à eux. On leur distribuait des biscuits et de l'huile d'arachide, mais ils n'étaient pas habitués à ces denrées. Alors ils s'organisaient pour revendre ces denrées aux personnes autour d'eux, et avec l'argent reçu ils s'achetaient des denrées plus appropriées à leur coutume alimentaire, (huile de palme, banane, pomme de terre..). Dans les camps, les réfugiés ont reproduit leur pays. Le pouvoir était aux mains de ceux qui avaient du pouvoir dans leur ville ou au village. Il y en avait même qui allait jusqu'au Moyen-Orient ou en Asie du sud-est pour aller acheter des produits et ils revenaient les revendre dans le camp, et au besoin même aux congolais. Un vrai marché noir s'était mis en place. En outre, lorsque nous nous déplacions sur les routes, nous rencontrions souvent, surtout le soir des bandes organisées qui nous dévalisaient et même qui violaient des femmes. Le soir aussi, souvent ils n'hésitaient pas à aller dans les champs des gens pour les dévaliser.

 De plus, les normes d'installations des camps n'ont pas été respectées. Beaucoup arrivaient et s'installaient dans les rues, avec leurs marmites ou alors des camps étaient installés à une vingtaine de kilomètres des frontières. Et il paraît que ceux qui se trouvaient si prés du Rwanda, en profitaient pour aller déstabiliser le pays. Mais ce qui est sûr aussi, c'est que le Rwanda a traversé souvent ces frontières pour venir tirer sur les camps et tuer beaucoup de réfugiés.

Mais en 1996 la situation devient de plus en plus tendue ;  le dispositif est mis en place pour aller poursuivre les génocidaires au Congo et cela est organisé depuis le sud de Bukavu.

Les hostilités avaient commencé dans les milieux des Banyamulenge qui avaient fait des alliances avec les Tutsis du FPR. Au départ, quand ils ont commencé à combattre, il y a des enfants des banyamulenge qui avaient quitté le Zaïre à l'époque, pour aller rejoindre les camps du FPR en Ouganda et s'entraîner. Ce sont eux, qui vont traverser les premiers pour venir libérer leurs parents du soit disant joug congolais. Mobutu, avait une stratégie avec ces Rwandais du Kivu. Il savait qu'ils ne pourraient jamais avoir la mission de devenir chef de l'état un jour, et donc il s'est appuyé sur eux pour persécuter tous les ressortissants de l'Est qui eux avaient un plus grand esprit d'envahisseurs. Ce qu'ils faisaient, c'était de faire en sorte qu'il n'y ait pas de ressortissant du Kivu qui monte en flèche vers le pouvoir central parce que cela représentait un danger pour eux. Mobutu a su exploiter cela, au point qu'à un moment, un des directeurs de son cabinet les plus puissants, un Tutsi qui s'appelle Bisengimana, ( qui encore aujourd'hui est un homme riche et puissant). Il possède un bateau qui fait la navette le lac Kivu, et qui peut transporter jusqu'à 5000 caisses. Il en profite donc pour faire entre Bukavu et Goma) et qui va infiltrer tous les milieux.

Communication et téléphonie mobile étaient sous leur contrôle et les utiliseront en 1996 contre Mobutu lui-même. La deuxième guerre est donc une incidence du génocide rwandais au Congo-Kinshasa, en utilisant le soi-disant droit de poursuite des génocidaires au-delà des frontières.  

Les prêtres seront suspectés de cacher des armes car au sud une soi disant cache d'armes aurait été retrouvée. Les évêques de Goma, capitale du Nord-Kivu, et d’Uvira avaient fuit. Il fallait que quelqu'un reprenne les rennes. Il est demandé à notre Archevêque qui était à Kinshasa de revenir assurer une responsabilité dans la région. Mais il est tué le 29 octobre lorsque les Rwandais reprenaient la ville de Bukavu. Ils prendront ensuite Goma, sans combat. Mais l'armée congolaise qui est là, se contente de piller et de voler. La population est désarmée. Elle se retrouve attaquée par tous les fronts. D'un coté ils sont rejetés par leurs propres compatriotes et de l'autre subissent l'ennemi en face. Seule l'ancienne armée qui était dans les camps a tenté de combattre un peu. Mais les Congolais n'étaient pas habitués à combattre. L'armée de Mobutu n'avait jamais gagné de guerre. Lors de l'entrée de Kisangani dans le conflit, la guerre va s'internationaliser. L'Angola va participer, la Zambie, tous les voisins que Mobutu déstabilisaient pendant la guerre froide. Tous ont participé pour pouvoir le chasser. Se retrouve à la tête de l'armée rwandaise un certain Laurent Désiré Kabila que les Rwandais ont recruté pour donner une coloration civile à une attaque d’agression extérieure. C’était  un homme rusé et qui habile à manier plusieurs langues.  Entre temps, à Goma, ils ont réussi à tuer un des chefs rebelles, qui s'appellait  Kisase, qui était congolais et nationaliste. On commençait à partir de Goma, de demander aux rwandais de retourner chez eux, et les rwandais trouvaient dangereux ce mouvement nationaliste à l’intérieur des forces qui devaient marcher plus tard sur Kinshasa. Ils ont évolués avec Kabila qui était un peu plus rusé à l'époque, jusqu'à ce qu'ils arrivent à Kinshasa. Le 17 mai 1997, c'est à ce moment là qu'ils prennent le pouvoir. Toute la communauté internationale insistait aussi pour que Mobutu quitte le pouvoir. Il y a eu un émissaire de Clinton qui est venu lui dire de quitter le pouvoir sinon il subirait le sort de Ceausescu. Mais Mobutu tient tête, jusqu'à ce que son homme de confiance vienne lui dire " nous ne pouvons plus vous défendre", le général Mayele. Il a été tué car il représentait une menace et était considéré comme un traître au pouvoir de Mobutu. De plus ce général était un grand stratège et le Rwanda avait peur de lui. C'est lui qui a conduit l'opération que Mobutu avait envoyée au Rwanda en 1990 pour combattre le FPR.

A ce moment là, Kabila, depuis Lubumbashi, s'auto- proclame président du Zaïre. Mais la population ne va pas l'accepter car elle a le sentiment d'être gouverné par un étranger. Du coup elle va se livrer à des exactions et des violations des droits de l'homme.

Il y a eu aussi un massacre dont on ne parle jamais, celui des Hutus. 200 000 personnes massacrées dans la forêt et pour lesquelles on n’a jamais rien dit. C'est un père blanc, Maindron, qui portera l'affaire devant le vatican et dénoncera la responsabilité de l'évêque de Goma, Mgr Ngabu

La guerre dont souffre le Zaïre est aujourd'hui, le complot de la communauté internationale qui s’est servi du génocide rwandais pour mettre le Congo en coupe réglée.  La poursuite des génocidaires dans les forêts zaïroises, l'affairisme autour des minerais s'y est mêlé, un pays fractionné en plusieurs morceaux, le nombre élevé de rebellions, les différentes milices, les enfants soldats soumis à la drogue et l'alcool….compliquent d'autant plus la situation.

Le rôle de l'église

Lorsqu'il y a déliquescence de l'état, l'église remplit un rôle de suppléance.

Déjà, du temps de Mobutu, l'Eglise s'était orientée vers la perspective du pluralisme politique, vers plus d'ouverture. Le mémorandum de l’épiscopat du Zaïre avait fait tâche d’huile lors de la consultation populaire organisée par Mobutu en 1990. Et c’est un évêque qui sera élu pour conduire les travaux de la conférence nationale souveraine, notamment Monseigneur Mwonsengo. Mais quand le problème du génocide se pose, il va plus ou moins éclipsé ce combat entre l'église et l'état.

Monseigneur Munzihirwa, en plus d'avoir sensibilisé les populations du Kivu à l'accueil des réfugiés a eu un grand rôle de dénonciateur. Il a rédigé beaucoup de lettres pastorales pour signifier clairement son engagement politique pour plus de justice et contre l’alimentation de la haine ethnique. Il a plusieurs fois alerté la communauté internationale pour dénoncer la situation. Il a écrit aux USA, à Nelson Mandela, aux Nations Unies mais on a compris plus tard que le plan de déstabilisation du Congo était déjà en marche.

Il a écrit aux différents épiscopats dans le monde. Nous n'avions pas compris que l'environnement international était en train de changer. C'est ça le problème. Avec la fin de la guerre froide, le monde était en train de subir une recomposition socio-politique. Donc les changements de pouvoirs étaient inévitables. Mais comment ces changements allaient se faire? Peut être que si l'on avait perçu cela très vite, il aurait pu changer de stratégie. Car même si l'on meurt, il est important que l’œuvre pour laquelle on meurt puisse poursuivre sa marche.

Après sa mort, le diocèse est resté assez longtemps sans évêque. Son remplaçant était un homme qui aimait plutôt le consensus, contrairement à Mgr Munzihirwa qui préférait utiliser sa plume et dénoncer. Il s’est servi du groupe de réflexion, le GRAPES, en s'entourant de personnes diverses qui vont l'aider à réfléchir sur les problèmes socio-économiques au niveau du diocèse. Réuni chaque semaine, ce groupe d'experts, composé de religieux et de laïcs fait des orientations pastorales à l'évêque. Celui-ci après proposait les orientations retenues par lettre. Mais il va canaliser l'attention de la résistance qui va finir par se focaliser sur le diocèse de Bukavu à l’intérieur de la société civile.

Il y a deux problèmes à soulever  (qui pourraient expliquer en partie pourquoi les Rwandais ne lui ont pas pardonné. Le 1er  est que Mgr Katarigo a pris position pour dire que les Rwandais n'étaient pas au Congo pour poursuivre les génocidaires mais pour le pillage du Congo et ceci en 1999. La lettre disait il sortent de notre pays avec notre argent et ils rentrent avec des armes pour nous tuer. Pendant ce temps, nos enfants ne sont pas scolarisés et des hommes meurent privés de soins de santé primaire. Il y a même eu des opérations "villes mortes" qui ont été organisées pour contester. Ces opérations ont été menées sous la bannière de la société civile où l'Eglise est la figure de proue. Mais cette attitude ne sera pas pardonnée à l’église.

Le deuxième élément qu'ils n'ont pas pardonné, c'est quand le FPR, le pouvoir à Kigali, décide de condamner un évêque d'ethnie Hutu pour sa participation supposée au génocide. Malheureusement, seul l'évêque de Bukavu a dénoncé cette condamnation arbitraire. Même l'évêque de Goma ne se manifeste pas, alors qu'il siège en tant que président à la conférence épiscopale. Cela démontre à quel point il existait bien deux Eglises. Une de proximité et très engagée et une autre qui fait le jeu de l’agresseur oppresseur. Même le Saint Siège n'arrivait pas à savoir comment se situait. Je crois qu’il avait été roulé sérieusement par l’évêque de Goma. Mais les autres missionnaires et évêques ont aidé le Saint Siège à y voir plus clair.

De par un manque de communication, les évêques eux-mêmes parfois n'ont pas une vision exacte de la situation. Beaucoup ne connaissent pas très bien le pays. Je me souviens d’un entretien que nous avons eu avec deux évêques du Katanga ; ils étaient complètement ignorants de la situation de crise que nous vivions. Et puis il faut dire qu'au niveau de l'épiscopat, il y a une opposition d'écoles. Surtout ceux qui ont fait leurs études à Rome. Il y a une sorte de soutien mutuel entre ces personnes. Et il y a une forme de jeu du pouvoir qui s'exerce. Mais aussi le sens de l’unité de l’Eglise, de la collégialité qui par moment prime sur le reste et cela peut durer longtemps avant qu’une lumière ne soit faite sur une situation. Toutes ces oppositions internes n'ont pas permis de saisir le problème de la même manière et donc la divergence apparaissait aussi au niveau des solutions proposées.

Donc pour en revenir à Mgr Kataliko, lorsqu'il a rédigé ces deux lettres, la rébellion a attendu qu'il effectue un déplacement à Kinshasa ( et depuis Bukavu c'est devenu un vrai casse tête depuis que le pays est coupé en deux, car il nous faut aller au Rwanda, puis à Nairobi et prendre un avion jusqu'à Kinshasa.) et avant son retour ont fait courir le bruit qu'il voulait s'exiler. Ils auraient essayé de le tuer à son escale à Nairobi mais averti à temps, il  a déjoué le complot.  Les fausses accusations le concernant se font plus nombreuses. Il est maintenant accusé d'inciter à la haine ethnique, alors qu'il travaillait à la cohabitation pacifique. Il rentre donc à Goma pour discréditer les rumeurs, mais à son arrivée un commando l'attend et l'empêche d'aller à Bukavu. Ils l'obligeront à s'exiler et il partira plus de 7 mois dan sa région d'origine. Mais les habitants appelleront à la grève pour désapprouver cet exil forcé. Du coup, toutes les infrastructures sociales ( qui sont quasiment toutes gérées par l'église) sont paralysées. Mais en paralysant l'éducation, la santé et autres secteurs, le pouvoir en place en subit aussi les conséquences. Leurs enfants non plus ne peuvent plus se rendre à l'école…Et par cette pression le pouvoir sera amené à accepter la négociation. Mais cela prendra plus de 7 mois. Pendant un mois aucune messe ne sera célébrée, les écoles resteront fermées, il n'y avait quasiment plus aucun véhicule dans les rues.

 

 Mais l'Archevêque finit par entrer en contact avec son diocèse et leur demande de reprendre le travail et de continuer à prier, même si les négociations doivent être poursuivies. Le mode entier a crié : la France, Vatican, Washington, diverses conférences épiscopales, etc. Seulement, nous ne faisions plus confiance aux Américains car tout le monde savait qu’ils soutiennent Kagame dans cette folie. Ensuite, un émissaire américain était passé à l’Archevêché quelques jours avant l’arrestation de l’Archevêque

Mais on lui permettra après sept mois de revenir dans son diocèse, en catimini. Ils ne voulaient surtout pas qu'il revienne en grande pompe. Seulement les paroissiens, très heureux de le savoir de retour ont organisé des festivités et se sont tous, déclarés en congé, pour être auprès de lui et fêter son retour. Vu l'immense foule qui s'est rassemblée ce jour là, il était alors prévisible qu'il serait prochainement éliminé, à cause de sa popularité. En  effet, il mourra  à Rome et il est assez difficile de faire croire aux Congolais qu’il est mort de mort naturelle.

 

 Mais avant son départ, un soir à l'archevêché, il avait reçu une délégation venue du Rwanda, composée du chef d'état major de l'armée de Kigali, le chef d'état major de la préfecture de Chagungu, le chef d'état major de la préfecture de Kibui, et du sud Kivu, et lui ont dit qu'ils voulaient faire avancer le Congo. Mais il leur a répondu que ce pays ne leur appartenait pas. Que c'était le Congo et que s’ils voulaient chasser les Hutus ce n'est pas comme cela qu'il fallait agir ! Qu'i il fallait qu'ils demandent à leurs concitoyens, dans le cadre d'une confédération régionale de régler le problème des frontières et de la poursuite des génocidaires. Et que s'ils n'étaient pas d'accord avec lui, il était prêt à subir le martyr comme son prédécesseur. Et c'est effectivement ainsi qu'il a fini. Ils ont mis leurs menaces à exécution et l'ont éliminé.

 L'église comme acteur, a été déterminante. Sans oublier ses divergences locales, nationales pour autant. En 1998, les évêques écriront une lettre, qu'ils intituleront "Remets ton épée dans le fourreau".

Mais la société civile et les paroissiens trouvent cette lettre encore floue sur les positions de l'église. Du coup Mgr Kataliko rédigera une lettre le 25 janvier qui dira précisément ses positions :

-         Que les Rwandais (Tutsis) cessent le pillage du Congo.

-Qu'ils retournent chez eux ( ceux qu'on appelle les génocidaires et ceux qui sont au pouvoir) !En réponse à cette lettre, la société civile fera une communication pour traduire sa gratitude où elle déclare clairement être satisfaite de la position de l'église et peut continuer à lui accorder sa confiance.

La population se sent soutenue et peut poursuivre la résistance.

Pour ce qui est de la situation financière du Congo : Un gouverneur congolais est en place. Mais il est supervisé par un vice-gouverneur qui est Tutsi. Il s'occupe des finances. La population est frustrée de mettre son argent à la banque car elle a réalisé qu'elle entretenait l'effort de guerre avec son argent. 

Aujourd'hui l'Eglise continue son travail d'information à travers les centaines de groupes de fidèles qui la composent et regroupés au sein des communautés ecclésiales vivantes. Ces groupes sont très actifs et l'information y circule malgré les embûches qu'on voudrait poser sur son chemin. Mais l'église joue aussi un rôle d'encadrement. Il veut éviter à la population de sombrer dans la guerre ethnique ignoble et dans la violence. Souvent il y a eu des révoltes de lancées et à travers elles, on a voulu massacrer des personnes pour accuser l'église et faire en sorte que la population se retourne contre elle. Donc l'église est très vigilante et a réussi à éviter beaucoup de ces manipulations. Au niveau local, l'Eglise est trés active à Bukavu. La société civile aussi est très organisée.

Et bien sûr, en permanence on essayera de la corrompre, de la détourner de ses objectifs.

Mais c'est aussi une région dynamique, grâce à ses universités, sa jeunesse. C'est une région où l'on réfléchit beaucoup et où l'on pense l'avenir. La formule est la non-violence active et évangélique. Elle est très largement diffusée auprès des jeunes qui seront amenés à prendre des responsabilités demain.

 

« Quand tu rentreras chez toi, souviens-toi de ce que tu as vécu ici. Souviens-toi et s’il te plaît… raconte. » - Bayat Mirzayi -

Alors que je visitais d'autres blogs ce matin, je suis tombée sur cette phrase et ce témoignage.

Quelques instants de lecture auront suffit à me convaincre que je devais à mon tour faire connaitre la vie de cet homme.

Pour avoir vécu quelques temps moi même avec les réfugiés de Calais, j'ai été trés sensible à ce témoignage... Ce sont pleins de visages d'hommes et de femmes aidés ici ou là qui me sont revenus...

Alors voilà, je vous dirige vers ce blog à découvrir au plus vite.

http://openyoureyes.over-blog.org/article-5177926.html

 

Alors que se tient à Paris la conférence ayant pour thème " La situation des enfants soldats dans le monde", nous apprenons que la Grande Bretagne a envoyé 15 jeunes gens agées de moins de 18 ans en Irak.

Il existe pas moins de 300 000 enfants soldats à travers le monde. Cette conférence devrait pouvoir faire voter de nouvelles normes et standart  qui seront proposés aux pays qui ont ratifié la convention.

Je vous propose l'article  suivant :

Conférence internationale consacrée aux enfants associés aux groupes et forces armés (Paris 5-6 février 2007)

 

 

Illust:
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A l’initiative de M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, la France accueillera à Paris, les 5 et 6 février 2007, une conférence internationale consacrée aux enfants associés aux groupes et forces armés : "Libérons les enfants de la guerre".  Sous la co-présidence de M. Philippe Douste-Blazy et de Mme Ann M. Veneman, directrice générale de l’UNICEF, et en présence de Mme Radhika Coomaraswamy, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, cette conférence réunira les représentants de près de 60 pays, dont de nombreux ministres, de l’Union européenne, de nombreuses organisations internationales, notamment des Nations unies, et des représentants de la société civile, en particulier d’anciens enfants soldats et des dirigeants d’ONG intervenant sur le terrain.

 

 

 


 

Le nombre des enfants recrutés ou utilisés par les groupes et forces armés est estimé à 250 000 en 2007. La conférence a pour objectif l’adoption par les Etats présents d’un texte appelé les "Engagements de Paris", pour mettre fin à l’utilisation illégale et inacceptable des enfants dans les conflits armés. Cette conférence incitera à l’élaboration de nouveaux programmes de libération, de protection et de réinsertion des enfants soldats, en réaffirmant notamment le soutien actif des Etats aux résolutions du Conseil de sécurité sur le sujet et en apportant un appui politique à la diffusion des "Principes de Paris", élaborés sous l’égide de l’UNICEF, qui actualisent les "Principes du Cap" (1997). Ces principes définissent le cadre d’une intervention efficace sur le terrain à la lumière des expériences acquises depuis dix ans.

Les travaux seront organisés en trois sessions traitant des priorités que sont la libération sans condition des enfants associés aux groupes et forces armés, leur réinsertion pérenne dans la société où il faut leur rendre une place et, enfin, les stratégies pour prévenir le recrutement ou l’utilisation des enfants par les groupes et forces armés. Durant la conférence, interviendront des "grands témoins" comme Mme Marguerite Barankitse du Burundi ou encore M. Ishmael Beah, ancien enfant soldat en Sierra Leone.

 

 

Illust:
Un instructeur apprend, 49.7 ko, 199x296
Un instructeur apprend à des jeunes filles
à fabriquer des paniers
dans un atelier de travail.
Sierra Leone.
©UNICEF/ HQ98-0499/Giacomo Pirozzi



 

La France attache une haute importance à cette problématique des enfants soldats. Le ministre des Affaires étrangères, M. Philippe Douste-Blazy, s’était rendu à ce titre en Ouganda et au Burundi en février 2006. La France co-finance des programmes de réinsertion des "enfants-soldats" au Congo, en Guinée-Bissau, au Libéria, en République démocratique du Congo et en Sierra Leone. Elle préside, depuis sa création en novembre 2005, le groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants associés aux groupes et forces armés.

A l’occasion de cette conférence, M. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, remettra un prix aux jeunes lauréats du concours de dessins organisé sur le thème des enfants soldats par "Le Petit Quotidien", Editions Play Bac, le lundi 5 février, à 19h00, au ministère des Affaires étrangères. La cérémonie sera suivie par la remise officielle au ministre et à la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés de la pétition lancée par UNICEF France en faveur de la démobilisation et la prise en charge des enfants soldats. Cette pétition a recueilli 235 500 signatures.

 

Lire la suite :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/droits-homme_1048/droits-enfant_4669/conference-liberons-les-enfants-guerre_15651/liberons-les-enfants-guerre-05-06.02.07_45496.html

Pour lire le document de l'UNICEF :

http://www.unicef.fr/mediastore/7/3014-4.pdf

 

    Aujourd'hui, le réseau RESF a défilé à Orly pour attirer l'attention  des voyageurs et des personnels sur le sort des enfants expulsés.
 
Le 30 janvier, déjà le collectif alertait l'opinion publique sur la descente de police qui a eu lieu, alors que les "Restos du Coeur" distribuaient des repas aux sans-abris.
 
 
 
Aujourd'hui, par une manisfestation haute en couleurs et en musique, RESF a voulu attirer l'attention de dizaines de voyageurs et personnels à Orly.
 
Pas un jour ne se passe en France, sans qu'un lycée ne se mobilise ici ou là contre l'expulsion d'un élève.
 
 
 

Enquête citoyenne sur les conditions d'application de la circulaire de régularisation du 13 juin 2006


Les citoyens et associations présents auprès des étrangers qui ont sollicité leur régularisation dans le cadre de la circulaire du 13 juin 2006 (VoirCirculaire) ont été les témoins de nombreux dysfonctionnements et injustices : disparités dans les conditions d'accueil en préfecture, différences selon les administrations des pièces et documents à produire, variabilité importante dans l'interprétation des critères de régularisation, refus injustifiés d'enregistrement ou d'instruction de certaines demandes, iniquités dans le traitement de ces demandes selon la date de dépôt du dossier.... Dans un courrier du 4 septembre, le Président de la HALDE avait estimé necessaire de rappeler au Ministre de l'intérieur "les contraintes attachées au principe d'égalité qui commandent un traitement égal des personnes placées dans une même situation" (DecisionHalde).........
Je vous recommande la suite au lien suivant :
 
Si vous desirez vous mobiliser, rendez vous sur le lien ci-dessus et participez à l'enquête.
A partir de l’ensemble des données qui auront été réunies, un rapport de synthèse sera publié par la CIMADE au mois de mars 2007.
Alors n'hésitez plus, AGISSEZ !!
 
Plus de details sur les conditions d'expulsion de Suzilene :

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